|
Je viens d’écouter cette émission. Fort intéressante, même si elle commence mal… D’entrée de jeu, le présentateur nous explique que Sandy est morte après une chute dans l’escalier de la demeure d’un ami. Or, à ma connaissance (mais les informations qui circulent sur le sujet sont nébuleuses), l’accident a eu lieu quelques temps plus tôt chez ses parents. Sandy n’aurait pas été correctement suivie, et aurait eu par la suite un malaise chez cet ami, lié à des complications de cette chute qui n’a donc pas eu lieu chez lui. Elle serait morte ensuite à l’hôpital, d’une hémorragie cérébrale. Détail, certes. Macabre, qui plus est. Mais malaise toutefois, car ça donne l’impression que le présentateur a mal préparé son émission.
On nous y présente toutefois Sandy comme je l’imaginais. Non pas comme une douce chanteuse, mais comme une forte femme, papillon de bar la nuit, qui aimait sacrément picoler. Mais aussi, si on écoute entre les lignes, comme une chanteuse très ambitieuse (n’a-t-elle pas sacrifié l’avenir de Fotheringay pour se lancer dans une carrière solo, faisant peu de cas de la déception des autres membres du groupe ?).
On nous y raconte entre autres qu’alors que les musiciens de Fairport Convention souhaitaient l’auditionner, c’est plutôt elle qui, par sa forte personnalité, en est venue d’une certaine manière à les tester, eux. On apprend aussi que Sandy passait peu à la radio, mais qu’elle était adorée par plusieurs magazines qui parlaient d’elle. Et par nombre de musiciens aussi qui l’encensaient. Richard Thompson décrit Sandy comme une femme généreuse, drôle, artistiquement une tête au dessus des autres.
Très intéressant aussi ce que raconte Ashley Hutchings. Qu'au début des années 70, il s’est totalement détourné de la musique qui était alors à la mode à l’époque pour s’intéresser principalement au répertoire traditionnel anglais. Ainsi, quand il a entendu Sandy Denny chanter Candle in the Wind, il ne savait d’abord pas qu’il s’agissait d’une chanson d’Elton John, mais pensait qu’elle était de Sandy puisqu’il trouvait légitime qu’elle puisse rendre hommage à Marilyn Monroe. Révélateur peut-être de l’état d’esprit de certains musiciens à cette époque.
L’émission est donc fort intéressante. Comme l’était celle sur Davey Graham pour la BBC également. Formidable de savoir que ces dernières années, on consacre une heure entière à la radio, voire deux, à ces musiciens folks exceptionnels. Un regret toutefois : l’émission n’est pas bien longue, et entrecoupée par nombre de chansons. Ce qui laisse trop peu de place pour les témoignages. Elle aurait gagné en étant allongée d’une heure.
Merci encore, Philou ! J’ai adoré l’écouter.
|