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Forum de rock6070 • Afficher le sujet - Montage

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 Sujet du message: Montage
MessagePosté: Ven Oct 05, 2007 11:14 pm 
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Inscription: Mer Juil 11, 2007 10:59 pm
Messages: 717
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«She picks the mirror off the floor and then she sees
Her husband who's been dead for seventeen years
Alone, alone all the time lost and gone
All the love on the song she sings
Doesn't bring him back to her»
— “She's alone” (M. Brown/B. Sommer)


Cette histoire s'adresse aux inconditionnels de The Left Banke et à ceux qui aiment les chantournements, le panache, les mélodies finement ciselées; tous doivent se procurer l'unique album de Montage: l'ultime avatar de The Left Banke.

Chers dévots et fervents, si vous relisez les notes de pochette de l'indispensable anthologie “There's gonna be a storm”, paru en 1992, vous constaterez qu'elles se terminent ainsi: «After is departure from the group Michael Brown went to produce excellent records with and by the Montage [...]». Entre la réédition de l'un et l’édition de l'autre, il aura fallu dix ans, dix ans pour découvrir ce groupe et leur œuvre — unique et éponyme — parue en 1969 sur Laurie. Sundazed, à qui l'on doit cet honneur, l'a complétée d'informations, et j'y puise avidement, voluptueusement.

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Même trente ans plus tard, on ignore le “pedigree” des membres qui le constituent. Tout ce que l'on sait, c'est qu'ils sont jeunes, compétents et viennent du New-Jersey. Mais qu'ont-ils fait avant? après?... Mystère! Faute de mieux, indiquons leurs noms et leurs fonctions: Bob Steurer, chant; Vance Chapman, chant et batterie; Mike Smyth, guitare et chant; Lance Cornelius, basse et chant. — Mike Brown, lui, se tient derrière son piano, et remplit, outre le rôle d'arrangeur (en fait les vocaux et un titre), celui de compositeur — assisté en cela par Bert Sommer (cinq titres) et par Tom Feher (quatre titres).

C'est à ce dernier que l'on doit de substantielles indications quant à la genèse du groupe; Brown, étant peu loquace sur ce qu'il considère comme une période transitoire et maladroite de sa carrière.

Tom Feher est, bien sûr, l'un des membres de la seconde période de The Left Banke. Mais il a aussi collaboré avec ses musiciens dès la création du groupe.

Flash-back. Nous sommes en 1965. Feher écrit alors de la poésie et traîne dans les coffeehouses de Greenwich Village. Là, il rencontre Tom Finn, le bassiste, et, à travers lui, les autres membres de The Left Banke. Leurs répétitions ont lieu la nuit, dans un studio que possède le père de Mike, Harry Lookosfsky. Mike tape sans répit sur son piano, et tous essayent de sonner comme les Beatles. Feher, quant à lui, sait bien gratouiller un peu, mais il est plus à l'aise avec les mots, et c'est naturellement qu'il devient leur parolier. — Vous pouvez maintenant interrompre cette lecture et vous reporter à la pochette de votre anthologie pour vous remémorer la part de sa contribution... Et puisque vous zieutez ce dépliant, regardez donc qui co-signe “And Suddenly”, le numéro 18... Et oui! Bert Sommer; c'est lui, également, qui chante ce morceau.

En février 1967, lors de l'enregistrement, Brown est seul rescapé du groupe originel. Dans quelles circonstances rencontre-t-il alors Bert Sommer, et surtout qui est-ce? Ma foi! je l'ignore. Je sais seulement qu'il enregistrera un album solo en 1969, suivi d'autres, chez Capitol, au début des années 70. Fin du flash-back.

Harry Lookofsky et John Abbot, responsables de quelques arrangements pour The Left Banke, aident Montage à signer avec Laurie. Abbot arrange la moitié des titres, tandis que Seymour Barab, un violoncelliste, arrange l'autre.

«Quand The Left Banke commença à sombrer, dit Feher, Mike cherchait une autre manière d'exprimer sa musique. Il essayait d'être Brian Wilson. Comme lui, il n'aimait pas les tournées, il préférait être assis à son piano et écrire.» — Ainsi Montage apparaît comme suppléant de l'ancien groupe; et “Desiree”, que Brown réitère ici (fâché de son faible impact commercial lors de sa sortie en juin 67), est la preuve, à la fois de cette intention de continuité, et du rôle de vicaire qu'il entendait donner à Montage; “Men are building sand” (seconde contribution de Bert Sommer), un inédit de The Left Banke, dont la version originale ne verra le jour qu'en 1992, s'inscrit aussi dans cette stratégie.

Travailler avec Brown n'était pas toujours commode se souvient Feher: «Il savait sélectionner les mots et les phrases pouvant faire une chanson. Mais il était incapable d'aller plus loin. Aussi, il venait à vous, mettait tout ça en vrac sous votre nez, puis s'installait au piano et jouait la mélodie, encore et encore. Tout ce vous composiez, il l'altérait. Il voulait littéralement écrire les paroles à travers le parolier. Vous essayiez d'apporter vos idées, mais rien à faire. Eventuellement vous finissiez par écrire, disons 40% des textes.» — Seule exception à cette règle: “My love”, que signe seul Feher, mais c'est une pure copie du style de Brown.

Tous les titres sont donc comparables à ceux de The Left Banke, tous offrent ce caractère précieux, sentimental et baroque qui fait des créateurs de “Walk away Renee” le plus anglais des groupes américains.

Placé en ouverture, “I shall call her Mary” est une fringante pop song, un délicat madrigal qui, selon Feher, s'adresse en secret à Mary Weiss, chanteuse des Shangri-Las («a fox whom both writers admired», dit-il). C'est Bob Steurer — à mon sens meilleur que Chapman — qui chante ici. “She's alone”, tableau touchant d'une veuve éplorée, est un sommet de romantisme et de pureté: basse, batterie sont bannies, seul un quatuor à cordes, puis des trompettes accompagnent la voix haut perchée de Steurer. “Grand pianist” est une ritournelle sémillante, mignarde, désuète qui réjouit le cœur. “Men are building sand”, céleste et fantasmagorique, ne correspond en rien à sa première mouture; je préfère de beaucoup cette version. “Desiree”, le hit tant désiré, n'atteint pas le niveau de l'original, mais n'en demeure pas moins superbe et émouvant. “The song is love” sonne comme un air de comédie musicale; il possède un aspect nonchalant, une désinvolture qui le distingue des autres compositions. “Tinsel and Ivy” est une invitation au rêve: une mélodie tendre, charmante et ouatée. “An audience with Miss Priscilla”, la chanson la plus vaudevillesque, aurait pu être écrite quarante ans plus tôt, au temps du charleston. J'adore les chuchotis à peine perceptibles qui précèdent la reprise finale. “My love”, signé Tom Feher, est étincelant, baroque et guilleret, et toute la panoplie, clavecin, cor et violoncelle, s'y déploie avec bonheur. “Wake up Jimmy”, choisi pour terminus, est une “fantaisie” sur la bombe atomique.— «Wake up Jimmy, Please don't hit me, But I think you should know, The sky has got a strangest glow, Such commotion, Big explosion, I think we both better hide, Something is happening outside». La résonance lugubre du dernier accord de piano symbolise le souffle radioactif dévastant la planète. Le CD contient quatre ultra petita, ou bonus tracks: “The Mirror”, nostalgique et “zombiesque”; et trois instrumentaux: “Desiree”, “The Song is Love” et “Thor and Or» — ce dernier semble copié sur le “Bonnie and Clyde” de Gainsbourg.

Certes Laurie n'agite pas tous les grelots publicitaires, mais l'œuvre est également ressentie comme un anachronisme: 1969 marquant le déclin des guipures pour des manières plus débraillées. La réédition permet de déceler sa juste valeur, sa juste esculence.

_________________
Carcamousse
Laudator temporis acti


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 Sujet du message:
MessagePosté: Sam Oct 06, 2007 1:15 pm 
J'ai souvent vu cet album chez mon disquaire. La pochette ne m'a jamais donné envie d'acquérir la réédition : elle est tellement laide que c'est un peu comme si je me brûlais les mains en saisissant l'objet.


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 Sujet du message:
MessagePosté: Sam Oct 06, 2007 1:26 pm 
oui c'est dommage car vue ce qu'en dit carcamousse, ca a l'air d'etre tres interessant....
Tiens ca me donne une idée de topic....

En tout cas, je demande qu'a decouvrir...
Merci carca, tres passionante cette petite story :wink:


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 Sujet du message:
MessagePosté: Mar Jan 08, 2008 6:45 pm 
un must pour les fans de Left Banke, ça sonne comme des démos de ce groupe sublime. j'ai mis un moment à me faire à la pochette, mais finalement rien ne vaut les choses qui surprennent un peu.


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