New World Rising : les premières annéesDurant les années-charnière 1970-1971, Roy Wood et Jeff Lynne vont tenter de mener de front leurs deux groupes. La tâche est difficile : les deux projets ne cessent de s'interpénétrer, l'instrumentation classique se glissant sur les titres prévus pour The Move tandis que les racines pop et rock 'n' roll des deux hommes s'infiltrent dans l'Electric Light Orchestra. Symbole de ce mélange des genres : Jeff Lynne écrit une face B pour The Move, qui se retrouve gratifiée par Wood d'une quinzaine d'overdubs successifs de violoncelle (un instrument médiocre et... jaune, acheté au rabais) et devient, en fin de compte, la première chanson du premier album d'ELO, et le premier single sorti sous ce nom.
Le quatrième album de The Move,
Message from the Country, paraît en octobre 1971. On a connu des chants du cygne plus ambitieux ou efficaces, mais celui-ci démontre clairement, avec son pot-pourri de genres, que le groupe en tant que tel ne possède plus rien de son identité : sa transformation en Orchestre léger électrique n'est qu'une question de temps. Quelques singles paraîtront encore jusqu'en 1972, dont un,
Do Ya, constituera l'unique succès du groupe aux États-Unis (on en reparlera).

The Move est mort, longue vie à Electric Light Orchestra !
The Electric Light Orchestra, premier album de la nouvelle formation, paraît en décembre 1971, et l'année suivante aux États-Unis sous le titre
No Answer (n'ayant reçu aucune réponse du groupe à la question « quel est le titre de l'album ? », quelqu'un chez United Artists nota « pas de réponse », ce qui devint effectivement son titre outre-Atlantique). Il rencontre un succès correct, voire inattendu pour quelque chose d'aussi expérimental, entrant dans le Top 40 au Royaume-Uni où
10538 Overture se classe même dans le Top 10.
ELO: playing like it was 1671L'album n'est cependant pas une réussite totale, peinant fréquemment à capturer l'attention de l'auditeur (la production n'est pas idéale). Le principal faux pas est
The Battle of Marston Moor, six minutes de violons et violoncelles qui semblent n'aller nulle part, ou pire, ne pas savoir où aller. Les instrumentaux
First Movement et
Manhattan Rumble n'ont rien d'offensant, mais rien de bien mémorable non plus. C'est somme toute sur le chapitre de la « pop orchestrale » qu'ELO marque le plus de points, pointant en cela les choses à venir : des friandises comme
Mr. Radio,
Queen of the Hours ou
Look at Me Now font peu preuve d'imagination (la dernière rappelle furieusement une
Eleanor Rigby en moins bien), mais sont accrocheuses comme tout, sans être marries par l'adjonction de violoncelles.
ELO acquiert de nouveaux membres : Bill Hunt au cor, Wilfred Gibson au violon, Hugh McDowell et Andy Craig au violoncelle et Richard Tandy à la basse. Il donne ses premiers concerts début 1972 et entame l'enregistrement d'un second album. C'est pendant les sessions d'
ELO 2, en juin 1972, qu'un coup de tonnerre frappe le groupe : Roy Wood annonce son départ...
(live)