Mon premier sujet sur le forum, c'est assez émouvant

... pour cette occasion je vais vous parler de mon groupe pop/rock favori, celui qui a bercé la fin de mon adolescence, et qui a pas mal conditionné mon mode vestimentaire à cette époque, le premier groupe de l'illustre Paul Weller qui a éclaboussé de sa classe 6 années de rock british en l'espace de 6 albums. Le groupe le plus populaire en Angleterre entre 1979 et 1982, j'ai nommé
The Jam !
Au départ ils étaient quatre, et Paulo jouait de la basse, l'un des gratteux s'est barré et Bruce Foxton guitariste à l'origine est passé à la basse, puis Weller s'est payé une Rickenbacker 360.
Weller était influencé par la soul, les fab four et le 'pub-rock' (il s'est d'ailleurs pas mal inspiré du jeu de guitare de Wilko Johnson des Dr Feelgood) mais dès qu'il a vu les Sex Pistols sur scène, il s'est dit qu'il devait faire partie de ce train fou qui était en train de secouer l'Angleterre, celui du punk !
Groupe atypique, dès le début ils ont adopté un look rétro en réaction aux cheveux hérissés et aux t-shirts déchirés de l'époque... et niveau énergie scènique ils mettaient une branlée à la plupart des combos punk de l'époque, Weller était une véritable boule de nerfs et Rick Buckler envoyait la purée sur sa batterie Premier...
C'est ça le monde moderne ? 
Après un excellent 'debut album' très rock'n roll et qui s'est plutôt bien vendu, les Jam récidivent en cette fin d'année 1977 avec un second disque mi-figue, mi-raisin intitulé "This is the modern world"
Weller y affirme de façon claire et définitive sa filiation avec le mouvement mod des 60's en diversifiant les styles, les compos deviennent plus 'pop' tout en gardant l'énergie dévastatrice de "In the City" ... pour être gentil, on va dire qu'une face est excellente alors que l'autre est vraiment faiblarde, de plus, la prod n'est selon moi pas à la hauteur des ambitions du jeune prodige alors agé de 18 ans. On peut donc considérer que cet album est le plus faible de leur discographie, mis à part quelques morceaux de bravoure tel que ce "Modern World" filmé en 1982 lors de leur dernier show TV avec un Paul toujours bien "vénere"
Il faut se rendre à l'évidence, les Jam n'ont jamais vraiment été considérés comme des punks ni par leurs pairs, ni même par leur public... leurs démélés avec l'élite punk de l'époque sont nombreux et plutôt savoureux; par exemple Paul Weller en réaction au discours nihiliste et vaguement anar' de l'époque avait par pure provocation affirmé dans une interview qu'il admirait la reine et qu'il voterait Tory aux prochaines éléctions, ce qui a rendu fou de rage Joe Strummer qui a exclu les Jam de leur tournée.
Weller qui est aussi connu pour son caractère éxécrable et son
léger penchant pour la baston aurait mis un coup de boule à Sid Vicious dans les coulisses d'un concert commun.
Il paiera un peu plus tard cette tendance "hooligan" lorsqu'il sera pris à partie avec Foxton dans une bagarre avec une équipe de rugby dans un hotel où il s'en sortira avec quelques côtes brisées.
Who are you ?
1978: L'année du sacre
Après le semi-échec artistique du deuxième album, Paul Weller décide de sortir le grand jeu !
En pleine période introspective, il commence l'écriture du disque qui sera selon certains le monument des Jam, le cultissime "All Mod Cons" L'influence majeure de cet album à la fibre sociale prononcée, n'est autre que Ray Davies, l'écriture de Weller se cale de façon troublante sur celle du maitre tout en explorant des préocupations bien de son époque; le racisme et ses conséquences tragiques ("Down in the Tube Station") ou bien encore les affres de la recherche du succès à tout prix ("All mod cons")
A coté de cela, il écrit une merveilleuse chanson d'amour, chose dont on ne le savait pas capable avant ce magnifique "English Rose"
Le groupe se fendra également d'une très bonne reprise des Kinks "David Watts" en forme d'hommage explicite.
Tout le monde ne s'appelle pas Genesis...
Grace au succès de "All Mod Cons", les Jam enchainent les tournées et le groupe commence à acquérir une énorme popularité en Grande Bretagne. Weller devient selon l'expresssion consacrée le "porte-parole" de toute une génération... rôle qu'il ne cessera de fuir pendant tout ce début de carrière. La pression devient telle sur les frêles épaules des trois jeunes gens qu'ils commencent à boire de manière excessive, les poussant à certains actes inconsidérés. Comme par exemple cette fois où, attablé avec des journalistes qui l'interviewaient, Weller ne trouvant pas les toilettes ouvrit sa braguette et pissa sous la table
Par contre, ce sera moins drôle pour Rick Buckler qui boira une trentaine de bouteilles de vin en une soirée et finira sa nuit à l'hopital, à deux doigts de la mort à cause de ses problèmes cardiaques.
Pendant cette année 1979 ils sortiront deux 45t ne figurant sur aucun album mais qui sont néanmoins excellents; "Strange Town" et son irrésistible feeling ska, ainsi que le génial "When you're Young" véritable hymne à la jeunesse.

C'est pendant cette période que Paul Weller, à l'instar de son idole Ray Davies, essaiera de mettre sur pied son premier
'concept album' Le titre retenu sera "Setting Sons" et le disque narrera l'histoire de trois amis perdus dans une Angleterre futuriste, et dont les destins croisés seront marqués par la guerre et les dérives du capitalisme.
Malheureusement le projet finit par sembler trop "lourd" et ambitieux pour le jeune auteur qui n'écrira finalement que quatre pièces en rapport avec l'idée initiale, et qui comblera le reste de l'album avec des morceaux qui n'ont rien à voir, dont une très bonne cover de Martha & the Vandellas, "Heatwave" déja réprise auparavant par les Who.
Reste un très bon album qui malgré l'abandon du projet de base recelle quelques grands classiques du groupe tels que "Thick as Thieves" ou encore "Eton Rifles" (morceau sur lequel joue l'organiste Mick Talbot, futur compère de Weller au sein du Style Council)
To be continued....