Hier soir, donc, je suis allée voir Georges Moustaki en concert. Déception…
Je l’avais vu à Montréal il y a deux ans. Il était en forme, en voix, tout de charme et d’efficacité. Les deux années qui ont passé me donnaient le sentiment d’être une éternité tant Moustaki n’était hier que l’ombre de ce que j’avais vu de lui…
Pourtant, une heure avant, il m’avait semblé en forme. Il était simplement assis à la terrasse d’un restaurant, comme n’importe quel inconnu, mangeant en compagnie de Bïa, qui viendra plus tard le rejoindre pour chanter avec lui. Ici, à Montréal, on fout la paix aux artistes, même aux plus célèbres…
Il est arrivé timidement sur la scène, marchant d’un pas fragile. Tout au long du concert, il montrera sa faiblesse par des gestes lents, vacillants. Et surtout, par une voix qui le fuit…Il s’en est excusé, peut-être était-il grippé. Mais en voyant Moustaki hier sur la scène de ce petit théâtre (800 places seulement), c’est à la Piaf vieillissante qu’on pensait, à Serge Reggiani à la fin de sa vie. Deux musiciens pour qui il a écrit des chansons, et qu’il semble rejoindre en cette triste fin de parcours…
Moustaki était charmant, blagueur, s’amusait avec le public. Qui lui pardonnait de lui offrir un si pauvre spectacle malgré le prix élevé des billets (75 $ au parterre. Heureusement, je n’ai pas payé le mien). Si le public lui pardonnait, c'est parce qu'il prenait conscience que c’est probablement la dernière fois qu’on le verra à Montréal…