Salut Radada,
Memphis Minnie
Merci de ce feedback et merci de me faire connaître l’original de Memphis Minnie — tout aussi titillateur, même si la voix de Minnie est moins illécébrante que celle de Maria. Oh, oui, quelle voix ! je suis vraiment vampé, électrisé par ses inflexions félines et ses sinuosités suaves.
“Pottery Pie”— Geoff & Maria Muldaur (1970)
Si cet album n’offre pas le caractère magnifiquement “rétro” de ses deux albums solo, “Maria Muldaur” (1973) et “Waitress In A Donut Shop”, il n’en est pas moins exaltant. Au menu que des reprises, mais des morceaux de choix que se partagent les deux conjoints et un panachage des plus étourdissants de country, gospel et rhythm ‘n’ blues auquel se mêlent deux standards, “Brazil” et “Georgia on my mind”. Le nom des auteurs!?... Eric Von Schmidt, Bob Dylan (“I’ll be your baby tonight”), Billy Hill (“Prairie lullabye”, 1934), et, rayon blues: Memphis Minnie, bien sûr, mais encore Bessie Smith et Son House. J’ai très envie de narrer ça en détail, mais il me faudrait du temps; je tâcherais d’y revenir: revenir sur le basson, la clarinette et le violon qui ornent “Prairie Lullabye”, le jeu hachuré du guitariste Amos Garrett sur “New Orleans Hopscop blues” (de Bessie Smith), ainsi que le chœur très rescaldatif des «Spunkettes»; revenir sur la reprise sémillante et désinvolte du “Brazil” de Xavier Cugat — qui fut choisi pour le film de même nom par Terry Gilliam —; revenir sur la voix angélique que prend Maria quand elle interprète, a cappella, “Guide me, O thou great Jehovah”, vieil hymne de l’Eglise de Jésus Christ des Saints Derniers Jours, etc, etc..
Geoff & Maria Muldaur — “Sweet Potatoes”(1971)
Maria Muldaur — “Gospel nights” (1980)
J’ai très envie maintenant de découvrir l’album suivant. Edité en pressage limité au Japon en 2005, il est déjà épuisé et atteint, au minimum, le prix de cinquante euros. Très envie de découvrir aussi son album de gospel paru en 1980 (couplé en CD avec un album de John Fahey) — autre saint Graal!
Encore un petit mot sur “Sweet Harmony”, album solo qui suit “Waitress” et qui est d’une finesse et d’une maestria égales avec des reprises tendres et câlines comme, justement, le “Sweet Harmony” de Smokey Robinson ou “Rockin‘ chair”, une chanson de Hoagy Carmichael (elle fut enregistrée avec Louis Armstrong et date de 1929; Hoagy Carmichael, auteur aussi de la mélodie de “Georgia on my mind”, chante ici avec Maria); album solo qui, par ailleurs, sait être aussi ardent et trépidant comme le montrent les reprises de “I can’t stand it”, péan des Soul Sisters en 1964 et “As an eagle stirreth in her nest”, gospel épileptique et bouillonnant.