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Forum de rock6070 • Afficher le sujet - BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu

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 Sujet du message: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Sam Avr 23, 2011 2:29 am 
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Ci-dessus :
de gauche à droite,
Christophe Jardon (guitare, chant),
Philippe Dauga (basse, chant)
et David Misiti (batterie).

© D.R. (2011)


Compte rendu détaillé

(+ vidéos, photos, flyers, visuels)

du concert

"LE BIJOU DE GAINSBOURG"
donné par BIJOU SVP
(PHILIPPE DAUGA)

en avant-première le 30 mars 2011
au CAFE DES BEAUX-ARTS (Paris)

sur ce lien :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/BIJ ... k2--.-.htm




BIJOU SVP
(PHILIPPE DAUGA)
présente “LE BIJOU DE GAINSBOURG”

Mercredi 30 mars 2011
au CAFÉ DES BEAUX-ARTS
(Paris) :

De 20h45 à 21h45, avec deux nouveaux acolytes — Christophe Jardon (guitare, chant) et David Misiti (batterie) — depuis début janvier 2011, Philippe Dauga présente ce soir le tout nouveau spectacle de Bijou SVP, quasi entièrement consacré et dédié à Serge Gainsbourg.

À l’inverse de nombreux opportunistes (1) de la variété française et des candidats de la télé-réalité qui reprennent du Gainsbourg pour tenter de se forger une “crédibilité”, Philippe Dauga fait partie de ceux qui ont une vraie légitimité à rejouer les œuvres de l’Homme aux Repetto.

En 1978, Philippe Dauga, Vincent Palmer, Dynamite Yan, Jean-William Thoury ont collaboré avec Serge Gainsbourg : en studio (“Les papillons noirs”, “Betty Jane Rose”, les instrumentaux “Jolie laide” et “Tapage nocturne”) comme sur sur scène (Théâtre Mogador et Palais des Sports à Paris, Bourse du Travail à Lyon).

Puis en 1993, sur son méconnu mais excellent et aérodynamique album pop’n’roll “Pile ou face”, Dauga interprétait une euphorisante chanson-salutation au Gainsbarre, “Tant de regrets”. Un titre écrit et composé par Philippe (lire paroles ci-dessous, NDLR).

Ce soir, le lieu — un café de Saint-Germain-des-Prés, à quelques pas de la rue de Verneuil où habitait le Serge, en face de la Seine — est chaleureux mais beaucoup trop petit et guère adapté aux concerts. Néanmoins, une fois que chaque spectateur s’est trouvé une place, assis ou debout, c’est parti pour de bon. C’est aussi un bon moyen d’assister à un concert de façon très conviviale : parqués dans un rayon de trois mètres carrés, les musiciens sont à cinquante centimètres des spectateurs situés devant ou à côté d’eux, à hauteur d’homme.

Le set démarre par “Rock de France”, une composition de Dauga-Llaberia-Ballier (la formation Bijou SVP 2004/2010), extraite du dernier CD “Autopsy” (2009). Le texte salue deux personnages qui ont fait flashé dans les années 1960 et 1970 Palmer, Dauga, Thoury et Dynamite : Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc. « (...) Blond chatain et cheveux noirs / Nous, on joue “Les papillons noirs” / D’un mec qui s’appelle Gainsbarre / Tout comme lui, on est en costard (...) »

Première reprise de Gainsbourg : “Harley Davidson”. Dauga avait déjà participé à une version pop’n’roll absolument terrible lors du spectacle “Générations rock’n’roll” diffusé en clair sur Canal + en juin 1989.
Lio et Helena Noguerra, lookées en amazones urbaines et sexy, chevauchaient une Harley à l’arrêt pendant ces trois minutes.

Les Deux Soeurs interprétaient de façon parfaite, attractive, à l’unisson, ce texte sublime créé par Brigitte Bardot. A la guitare : Stéphane Sirkis, play-boy en costume rouge. Et à la basse : Dauga. Tous arboraient des lunettes noires. Et c’était trois minutes flashantes, dans le look, le son french pop éternel et l’attitude. Une prestation télévisuelle indélébile (2), comme le “Show Bardot” a marqué au fer rouge les esprits des jeunes des années 1960.

De cette version poppy d’enfer, Dauga en a gardé l’esprit, ainsi que entre les couplets et les refrains le gimmick super top « hey ! hey ! Harley Davidson ! » pour la relecture 2011 par le new Bijou SVP. Il y a beaucoup plus de guitares mais c’est le même flash deux décennies plus tard qui resurgit.

Philippe, Christophe et David ne jouent ensemble que depuis quelques mois, mais ils sonnent d’ores et déjà de façon compacte et énergique. Le guitariste se débrouille très bien, tout en ayant un son différent de celui, mythique, ultime et inatteignable par aucun autre guitariste sur Terre, de Vincent Palmer. Le jeu du batteur est solide, appuyé, carré. Dauga s’éclate comme un enfant à chanter du rock’n’roll, à jouer de la basse. « Ça me rappelle ma jeunesse ! », déclare-t-il d’ailleurs régulièrement et spontanément lors des concerts de Bijou SVP.

“La chanson de Prévert”, à l’origine très française années 1950 d’avant l’arrivée du rock’n’roll en France, se mute en solide rude rock’n’reggae avec Philippe Dauga au chant : « Oh je voudrais tant que tu te souviennes / Cette chanson était la tienne (etc.) »

En présentant chacun des titres qu’ils jouent, Dauga resitue la saga Bijou & Gainsbourg et raconte quelques anecdotes.

Face B du premier 45 tours solo collector “Si un autre te plaît” (1982) de Philippe, “J’en ai autant pour toi”, écrit par Gainsbourg et Dauga, est réapparu en 1993 sur l’album “Pile ou face” de ce dernier dans une pétaradante version (featuring Gordon Russell à la six-cordes électrique). Il la rejoue pour la première fois sur scène depuis dix-sept années. Et ça le fait toujours autant, avec son refrain pêchu. Au passage, petite constatation à propos des modes qui s’en vont et reviennent : dans les années 1990, la référence au groupe australien de hard rock blues AC/DC (« tu aimes AC/DC et si je ne l’ai pas ici, j’peux pas tout savoir / Mais si tu veux m’avoir / J’en ai autant pour toi ») faisait hors sujet, datée. Ce qui n’est plus trop le cas en 2011, qu'on le veuille ou non, avec le retour du hard rock (même s’il y a de grosses influences blues dans l’AC/DC Sound).

La version de “Bonnie & Clyde” est puissante, prenante, avec un gros son (tout comme les autres titres d’ailleurs). De la lancinante ambiance de cordes imaginée par Gainsbourg et son arrangeur, Bijou SVP en a tiré sa propre version avec basse funk’n’roll et guitare rocky. Christophe chante les couplets, secondé par Philippe sur les refrains. Ils l’interprètent de manière OK et convaincante.

Enorme affaire avec “Betty Jane Rose”, titre jamais joué par Bijou SVP durant toute la décennie 2000. Là, vu la circonstance (show Gainsbourg), impossible pour Dauga de faire l’impasse sur ce fulgurant morceau (d'ailleurs, la version du 33 tours “En public” de 1979 est plus puissante que l'original studio). C’est reparti comme en 1978, Dauga fait plaisir à tout le monde en rejouant ce standard écrit en cadeau pour Bijou par le Docteur Jekyll & Mister Hyde de la chanson française. « Dans les parkings en sous-sol sol mineur / Tout le monde veut l’adorer ré ré la la mineur(e) / Betty Jane Rose cherche sa dose de drague majeure »

Dans la même veine, Bijou SVP balance “Relax Baby Be Cool”, similaire à la version live figurant sur la longbox 4 CDs “Jamais domptés” (parue en 2000 chez Universal) et enregistré au Palais des Sports en 1978 avec Gainsbarre au chant.

Haute tension encore et toujours avec “Les papillons noirs”. Cette chanson était l’un des nombreux moments forts des concerts 2004/2010 de Bijou SVP. La version live est plus rageuse que la délicate, atmosphérique et chef-d’oeuvresque adaptation studio 1978 de Bijou featuring Gainsbourg. Le chant de Dauga et Christophe est moins susurré et plus clamé. Le son de batterie et celui de la guitare sont beaucoup plus présents, tout le long du morceau. Avec toujours la géniale basse, implacable, de Copain Dauga. Et le refrain qui fait battre le coeur : « Les papillons noirs ! Les papillons noirs ! (...) Un papillon noir ! Un papillon noir ! »

Dauga présente ses acolytes lors de ce rappel, en précisant : « Ce ne sont pas des “accompagnateurs”, on forme un vrai groupe. » Et demandant au public de manière sympacool daugaesque : « On a commencé à répéter il y a un peu plus de deux mois. Et je crois que ça le fait bien, non ? »

La “Troisième Guerre mondiale” (musique de Dauga, texte de Thoury), en provenance du 33 tours de pop précieuse “Pas dormir” (1979) sous influence The Sparks, est ici présentée en version rock’n’roll pêchue. Comme l’explique en intro Dauga et avec ses propres mots, le texte est une métaphore de l’impression que l’on ressent les lendemains de nuits légèrement alcoolisées. Et Philippe dit, en tant que camarade l’ayant parfois accompagné dans ces périples nocturnes, que, quelquefois, Serge se réveillait un peu dans cet état de fracassement total : « Oh mais qu’est-ce que j’ai fait / Cette nuit la bombe / Je me souviens plus de mon nom / (...) Car dans mon crâne, la Troisième Guerre mondiale résonne encore / Oh oui, je l’ai dans la peau / Je ne sais plus pourquoi ni comment / Ni même où et quand, vraiment (...) »

Enfin, le trio reprend “La Marseillaise (Aux armes etc.)” pas du tout en reggae mollasson mais en rock’n’roll énergique.

« Bon, ben, c’est la fin du set. On vous souhaite de passer une bonne soirée. » Puis un spectateur, un peu imbibé mais néanmoins tranquille, demande à Dauga de refaire “La chanson de Prévert”. La main sur son coeur de rock’n’roller du Juvisy Sound, il s’exécute en compagnie de Christophe et David.

Incontournable, c’est l’heure du mégatube vivifiant, intemporel et éternel “Rock à la radio” (« surtout qu’aujourd’hui, on n’en entend quasiment plus », note Dauga).

« Cette fois, c’est vraiment la fin. Là, je vais vous faire un morceau qui va me permettre de pouvoir partir, dit Dauga avec bonhomie et amusement. Je vous remercie tous, je suis très content d’avoir joué dans ce superbe lieu, un peu exigu mais très sympa, très chaleureux. Passez une bonne soirée, et on se quitte avec une chanson de circonstance : “Je suis venu te dire que je m’en vais”. »

Avec une ambiance musicale différente de l'original, plus r’n’r, en formule basse/batterie/guitare, Dauga chante d’une émouvante façon ces vers : « Je suis venu te dire que je m’en vais / Et tes larmes n’y pourront rien changer / Comme dit si bien Verlaine au vent mauvais (etc.) » En son for intérieur, Dauga doit les adresser à son maestro Gainsbarre.

Jean-William Thoury, le chanteur-guitariste Alain Chennevière et l’animateur télévisuel Patrice Laffont ont assisté à cet hommage vivant et non officiel au maître Gainsbarre, bonne franquette option répétée et travaillée, zéro naphtaline.

Photographe mythique et officiel de Johnny Hallyday (de la fin des années 1960 à 1995) et du Gainsbarre (entre nombreux autres), Tony Frank a pris plusieurs clichés (dont un mis en ligne sur cette page) avant et pendant le set du Bijou : la classe.

François Guibert
(22 avril 2011)


(1) : par exemple, la quasi-totalité des invités de l'émission “Champs-Elysées”, le 19 février 2011 sur France 2, consacrée à l’auteur de “Initials B.B”.

(2) : avec aussi les clips de Lio réalisés en 1986 et 1987 par Costa Kekeminis pour les tubes de l’album “Pop Model” et le film de 52 minutes “Lio nous fait une scène – Olympia 1987”.

Bijou SVP sera en
concert le 21 juin 2011
au CAFE DES BEAUX-ARTS
(7 quai de Malaquais)
à Paris 6e.



© Tony Frank
(30 mars 2011)

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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Sam Avr 23, 2011 2:57 am 
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Chronique sympa, mais très déprimante car mortifère au possible. Sinon, vous aimez quelques trucs récents ou pas du tout ?

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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Sam Avr 23, 2011 9:45 pm 
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Un grand fan de Bijou (depuis pratiquement leurs débuts) te remercie oupez

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Il est parfaitement superflu de connaître les choses dont on parle. Je dirais même que la sincérité en général dénote un certain manque d'imagination.


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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Sam Avr 23, 2011 11:14 pm 
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Image (1979)

Vu le peut d'intérêt que sucite le "Rock Français" dans son ensemble, quand un défenseur (passionné) s'y intéresse, cela fait bien plaisir. J'ai découvert le groupe Bijou
en 1977, lors de la sorti de leur 1er lp (sacré belle pochette au passage) et vraiment bien aimé ce groupe. Même chose pour moi, je salut ton intervention. coolzz

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"Elle est pas électrique ta guitare... c'est une vieille encore à la vapeur !"


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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Dim Avr 24, 2011 1:11 am 
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Merci ! En général, chaque fois que je poste un compte rendu sur les froums, je me fais vanner, donc c'est cool pour une fois (même si je m'en fiche de me faire vanner, je suis plus à ça près depuis une décennie)

Pour répondre à "Norbates Man", ce concert de BIJOU SVP spécial GAINSBOURG est, comme je l'écrit, tout sauf de la naphtaline, c'est du pur rock et roll dynamique joué par Copain DAUGA et ses acolytes qui s'éclatent autant que nous lorsqu'on les regarde jouer

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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Dim Avr 24, 2011 1:47 am 
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Merci ! En général, chaque fois que je poste un compte rendu sur les froums, je me fais vanner, donc c'est cool pour une fois (même si je m'en fiche de me faire vanner, je suis plus à ça près depuis une décennie)

Pour répondre à "Norbates Man", ce concert de BIJOU SVP spécial GAINSBOURG est, comme je l'écrit, tout sauf de la naphtaline, c'est du pur rock et roll dynamique joué par Copain DAUGA et ses acolytes qui s'éclatent autant que nous lorsqu'on les regarde jouer

Je fus probablement un peu vif. J'aime bien Bijou.

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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Dim Avr 24, 2011 4:57 am 
T'inquiète, comme il te l'as dit, copain Guibert à l'habitude ! Very Happy

Il est spécial, mais on ne peut pas lui enlever une chose, c'est un passionné ! yeah2z


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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Dim Avr 24, 2011 5:17 am 
[quote="GUIBERT FRANCOIS"][/quote]

Je sais que vous etes l'expert Francais sur Marie-France: je trouve que cette derniere est devenue plutot vulgaire au cours des dernieres années.


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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Ven Juil 15, 2011 5:46 pm 
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La page spéciale

(long compte rendu détaillé,
une douzaine de photos inédites
prises par © Sylvie Raymond)


« "LE BIJOU DE GAINSBOURG"
(show intégral, plus de vingt titres)

par BIJOU SVP
(PHILIPPE DAUGA)
le 21 juin 2011
au CAFE DES BEAUX-ARTS (Paris) »


est en ligne depuis aujourd'hui sur ce lien :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/-g- ... k2--.-.htm




••••••••••••••••••••••••••••





“LE BIJOU DE GAINSBOURG”

(show complet)

de BIJOU SVP
(PHILIPPE DAUGA)


le mardi 21 juin 2011
au CAFE DES BEAUX-ARTS
(Paris)
:


Deuxième round parisien au Café des Beaux-Arts, après le showcase le 30 mars 2011 au même endroit, pour “Le Bijou de Gainsbourg” de Bijou SVP. Cette fois, il s’agit du show complet, soit une bonne vingtaine de titres.

En ce 21 juin, jour de la fête de la musique, ils jouent à l’extérieur (à l’inverse du concert du 30 mars), sur le trottoir du Café des Beaux-Arts. Cela permet ainsi à quiconque le souhaite d’assister sans problème à ce concert, vu que ce n’est pas la place qui manque. Les personnes passant au hasard de leurs déambulations devant le 7 quai Malaquais s’arrêteront quasiment toutes pendant plusieurs morceaux. Un signe révélateur de l’attractivité implacable du rock’n’roll énergique de Dauga et Bijou. D’ailleurs, pendant “Harley Davidson”, au feu rouge situé à l’angle de la rue des Saints-Pères, un jeune motard se trémoussait en rythme sur son Cheval d’Acier avec le son de basse de Dauga, avant de repartir à toutes berzingues sitôt le feu au vert.

Depuis fin 2010, Philippe Dauga est accompagné de deux nouveaux musiciens, enthousiastes et, à l’évidence, heureux de jouer ce répertoire béni. David Misiti (batterie, choeurs) a une frappe carrée et infaillible, dans la lignée du Dynamite Yan Sound. Christophe Jardon est un guitariste très compétent, au jeu solide, à la hauteur des attentes de Dauga et dans l’esprit live de Bijou. Même si, par la force des choses, aucun guitariste au monde ne pourra égaler le toucher étincelant et inaltérable de Vincent Palmer.

Christophe Jardon chante aussi sur plusieurs morceaux, en duo avec Philippe, ou bien en solo sur un même titre (avec toujours, dans ce cas-là, Dauga aux choeurs sur le refrain) : par exemple, sur “Bonnie And Clyde”.

Mister Dauga, lui, sort à chaque instant d’énormes sons de basse, tour à tour vrombissants, souvent tout cela à la fois. Un vrai bonheur pour les yeux et les oreilles de fans.

A chaque fois qu’on le voit en concert, Copain Dauga est toujours enthousiaste (sans se forcer, juste en étant lui-même), spontané, positif, énergique, joyeux. Que ce soit hors scène ou lorsqu’il se produit en concert.

Il garde intacte la foi dans le rock’n’roll qui habite son coeur, son âme et son esprit de rocker depuis sa plus tendre jeunesse et les folles années Bijou 1977-1981. Ces dernières, d’après les témoignages recueillis ici et là, sont clairement inoubliables pour celles et ceux qui ont eu la chance de les avoir vécues : outre Dauga, Vincent Palmer, Jean-William Thoury, Marie France (et son album “39° de fièvre”, le plus grand disque de l’histoire de la musique électrique)... Sans oublier des fans qui ont côtoyé le groupe et vu en direct les prestations live de Vincent Palmer, Dauga, Dynamite (et Marie France) : par exemple, les soeurs Florence et Nathalie Michelet (venues avec leur chien Dexter), de Meudon-la-Forêt, ou encore Sylvie Raymond, présentes ce soir.

Dauga joue avec un enthousiasme communicatif. Il est heureux de refaire des concerts, de chanter pour des personnes ravies de réentendre en live les chansons de Bijou aux paroles écrites par Jean-William Thoury, ainsi que les reprises fétiches de ce groupe (“Les papillons noirs”, “Les cavaliers du ciel”,“Si tu dois partir”, etc.).

De 21h10 à 23h05 (soit une heure trente de concert au total), “Le Bijou de Gainsbourg” extended version se déroule en trois parties.

Le premier set démarre en trombe avec “Troisième guerre mondiale”. Un titre qui, depuis 2004, ouvre chacune des prestations live de Bijou SVP. La version live est plus pêchue, avec beaucoup plus de guitares, que l’original produit par The Sparks sur le 33 tours “Pas dormir” (1978). Un disque agréable, qui dégage un charme pop sonore sixties soigné.

Allant de l’avant tout en n’oubliant jamais le passé — mythique et magique —, Dauga joue trois de ses dernières créations en trio : d’abord “Autopsy” (2008),
à la rythmique équilibrée et solide. Vient le “Rock de France”, hommage à deux de ses héros français sixties : « Une basse, une batterie, une guitare / Nous, on joue les père fouettards / De Jacques Dutronc et son cigare / Nous, les play-boys en lunettes noires / Blond châtain et cheveux noirs / Nous, on joue “Les papillons noirs” / D’un mec qui s’appelle Gainsbarre / Tout comme lui, on est en costard (...) »

Arrive le rockignolesque “Les rockers de droite” (2006) : « Alors, celle-là, le texte n'a pas été écrit par n'importe qui : par Didier Wampas (« ouaaiss !! », lancent les fans sisters rock Nathalie et Florence Michelet, dont c'est ce soir les sincères et chaleureuses retrouvailles avec Dauga) — ah, je vois qu’il y en a qui connaissent ! »

Retour au Bijou de l’époque 1977/1981, lorsque Jean-William Thoury signait les textes du groupe, avec “C’est un animal”. Grâce au tempo lent de cette chanson, la basse de Dauga est très bien mise en valeur entre les couplets et les refrains.

« Avec Bijou, on a toujours beaucoup aimé les instrumentaux. En voici un ! »
: il s’agit des “Cavaliers du ciel”. La version du jour est un peu fouillie, tendant vers la démonstration technique option débrouillarde. Elle n’égale pas du tout celles (en studio, puis sur scène) magnifiées par la guitare de Palmer et qui figurent sur la long box intégrale 1977/1981 “Jamais domptés” (sortie en 2000 chez Universal).

Après “C’est encore l’automne”, slow désenchanté tendance Ronnie Bird, voici venu le temps d’« une reprise de Bob Dylan, interprété en français par le groupe Fairport Convention en 1969 » : “Si tu dois partir”. Les versions musclées de Bijou — celle en studio 1977 ainsi que celles en live (comme ce soir ou celle jouée par Vincent Palmer le 27 juin 2008 au “Nikola Acin Tribute” au Gibus) — pulvérisent la perception baba cool cajun folk mollassonne qu'avait Fairport Convention pour ce titre. Comme pendant tout le concert sur les autres morceaux, Dauga chante à pleine voix, avec coeur, c’est le pied !

La deuxième partie est entièrement consacrée à l’oeuvre de Gainsbourg, revisitée guitares électriques et gros son de basse en avant. Elle démarre sur les chapeaux de roue, brillamment, avec un son Rolls Royce, par “Relax Baby Be Cool” (« Une chanson qui parle du Klux Klux Klan », explique mister Philippe).

Viennent (dans le désordre) de mémorables versions des tubes “Bonnie And Clyde”, “Je suis venu te dire que je m’en vais”, “Harley Davidson”, chantés et joués de façon vibrante et entière.

En découvrant ces relectures musicalement très rock’n’roll, les puristes du répertoire Gainsbourg — par exemple, ceux qui n’aimeraient avant tout que le Serge G. jazzy chanson française des années 1950 et du tout début des années 1960 — pourraient trouver qu’il s’agit d’un sacrilège. Notamment quand Bijou SVP reprend “La chanson de Prévert” avec un son énorme, qui n’a rien à voir avec la suave et austère version originelle.

Or, justement, par son enthousiasme, sa vitalité, son appétit de vivre, Dauga revisite Gainsbourg avec ses deux nouveaux complices de façon convaincante, énergique, vivante. Comme s’il vivait encore aujourd’hui, qu’il était dans l’assistance. Et qu’il n’était pas l’icône intouchable, inattaquable, officielle, figée, institutionalisée, (morte, en fait...) qu’il est devenu malgré lui après son décès au fil des ans.

“Le Bijou de Gainsbourg”, c’est tout le contraire des nombreux hommages faisandés, officiels, stériles, froids, qui sentent la morgue et les charognards (cf. pour le premier semestre 2011 : les disques “Jacno future”, “Tels Alain Bashung”, ou encore le “Champs-Elysées” spécial Gainsbourg le 19 février sur France 2). Au passage, pourquoi reconnaître le talent et la créativité de nombreux artistes français uniquement après leur décès, alors que de leur vivant, ils étaient quelque peu mis de côté par les médias (ce qui, d'accord, n'était pas le cas de Gainsbourg dans les années 1980) ? Voilà quelque chose de sacrément horripilant...

“Le Bijou de Gainsbourg", c’est un concert joyeux, roots rock’n’roll 100 % bon esprit, avec des imperfections bienvenues, un max' de vibrations positives, comme dans les bandes dessinées de Frank Margerin.

« J’ai eu la chance que Serge m’écrive un titre, “J’en ai autant pour toi”, en 1982. Bon, je n’ai jamais vraiment compris le sens exact des paroles
, reconnaît Dauga. Je me souviens que Serge me dictait par téléphone les paroles qu’il écrivait quasiment en même temps. Mais comme la communication téléphonique passait mal, je lui faisais répéter un mot sur deux parce que je ne comprenais pas ce qu'il disait. Et tout ça juste avant que j’enregistre la chanson en studio. » C’est un bonheur d’entendre en live cette chanson géniale, jamais jouée sur scène par Dauga entre 2004 et 2010 (voire même avant).

Il propose donc une version aéro-pop’n’roll dynamique parfaite de “J'en ai autant pour toi”, pile poil dans l’ambiance de celle qui figure sur son méconnu mais totalement excellent album solo, “Pile ou face” (paru en 1993, et écouté à ce jour pour ma part entre un et deux milliers de fois).

Plus court que les deux premiers (pour cause de couvre-feu à 23h), le troisième set (de 22h35 à 23h05) démarre par “C’est mon avis”, petit boogie rock sympatoche de 2008 au texte faiblard et anecdotique.

Bijou SVP reprend de façon inattendue, surprenante et réussie, pour la première fois sur scène à Paris, l’instrumental rock rhythm’n’blues “Peter Gunn”, avec guitare funky'n'roll de Christophe Jardon.

Ce soir, Dauga et ses acolytes livrent la meilleure version entendue à ce jour de “Betty Jane Rose” (à égalité avec celle figurant sur le 33 tours “En public” de Bijou 1980), ultra pétaradante, au son clair, avec des voix qui portent haut le texte. En intro, Philippe déclare : « Ecoutez bien le texte, il est très ambigu, avec les mots “Betty”, “Jane”, “Rose”, etc. Mais bon, Serge, il était comme ça. »

Pendant les torrides versions des “Papillons noirs” et de “Betty Jane Rose”, un monsieur en costume filme ces deux morceaux. Philippe Dauga improvise dans le micro les présentations au public : « Il s'agit de Jean-Paul Prioul (« euh, non, Jean-Pierre Prioul », rectifie à son tour de façon amusée le guitariste Christophe), ah pardon, oui, Jean-Pierre, qui a été le majordome de Serge et Charlotte Gainsbourg.»

« Celle-là, vous la connaissez tous, une chanson de Jacques Dutronc ! » Et c’est parti pour une version 1 2 3 4 carrée sur le plan musical de “La fille du père Noël”. Par contre, Philippe s’emmêle les pinceaux dans les trois couplets, plaçant des vers du deuxième dans le premier, etc. Mais ce n’est pas grave du tout, car c’est chanté avec sincérité et avec l’amour pour le rock’n’roll en français des pionniers sixties. Et surtout avec l’esprit Dauga, revigorant et énergique.

François Guibert

(14 juillet 2011)




Photos : Sylvie Raymond
(21 juin 2011)

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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
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Notons que la carrière de Bijou (ze original trio) ne se résume pas avec la rencontre avec Gainsbourg. C'est un des meilleurs groupes de rock qui ait été en activité. Bijou SVP fait un peu visite au musée, malgré l'immense respect que j'ai pour Dauga. Il devrait monter un groupe plus perso, il en a la capacité. Mais si c'est pour bouloter...

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Il est parfaitement superflu de connaître les choses dont on parle. Je dirais même que la sincérité en général dénote un certain manque d'imagination.


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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Sam Juil 16, 2011 12:21 am 
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dommage que vincent palmer est toujours aux abonnes absents ..... un des grands guitaristes de rock francais


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 Sujet du message: Re: BIJOU SVP (“Le Bijou de Gainsbourg”) à Paris : compte rendu
MessagePosté: Sam Juil 16, 2011 12:35 am 
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Inscription: Lun Déc 22, 2008 10:16 pm
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Il a tourné la page, semble-t-il...

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Il est parfaitement superflu de connaître les choses dont on parle. Je dirais même que la sincérité en général dénote un certain manque d'imagination.


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