Bah, comme je l'ai déjà dit, personnellement, je ne pleurerai pas la disparition d'un disquaire. C'est un commerce comme un autre, certes celui que je préfère, où j'adore aller fouiner, me noircir les doigts, mais ça n'en reste pas moins un magasin avec un but lucratif. C'est à eux de s'adapter à l'évolutution technologique, pas à nous de vouloir les sauver.
Bien sûr, si un jeune leur demande des conseils sur Joan Baez ou Jimi Hendrix, ils vont lui faire un cours de musique. Mais demande-leur un truc plus pointu, tu verras que certains disquaires patinent pour ne surtout pas montrer qu'ils ne savent pas de quoi tu parles. Et j'en ai même connu qui racontaient des conneries monumentales avec le regard hautain de celui qui connaît tout.
Le but d'un disquaire, c'est avant tout de rentabiliser son commerce. Certains te balancent dans les bacs des galettes qu'ils ont achetées par lot à 1 euro la pièce et qu'ils veulent refourguer parfois pour 50 fois plus.
Je me souviens d'un disquaire à Strasbourg, derrière la cathédrale, chez qui j'ai acheté l'original d'Armaggedon (Keith Relf) à 200 francs il y a 12 ou 13 ans. C'était avant le Net, avant eBay. Je lui ai acheté le Shoot de Jim McCarty en même temps, à 150 francs. 350 balles pour 2 disques il y a 12 ans, ça faisait du fric quand même. Mais le mec était connu pour ça. Il avait des perles qu'il connaissait pas mal, mais il les vendait une fortune et avait l'air méprisant du commerçant avec lequel il est hors de question de marchander.
Peu de temps après, l'Occase de l'Oncle Tom a ouvert pas loin de son commerce. Pour ceux qui ont connu, c'était à l'époque où l'Occase était derrière la cathédrale. L'autre disquaire, avec ses prix de dingue, n'a pas fait le poids et a fermé. L'Occase était un magasin absolument génial à ses débuts ! Tenu par des passionnés, avec un choix incroyable à des prix très corrects. Le paradis du collectionneur de vinyles ! Et qu'est-ce qu'il est devenu depuis qu'il est sur la Grand Rue ? Un commerce froid qui vend tout et n'importe quoi, du psyché comme Florent Pagny, d'occase au même prix que le neuf...
Alors pleurer sur les problèmes de fric d'un commerce, désolée, mais pas moi
