Amis du rythme et de la transe, bienvenue, car aujourd’hui, je n’irai pas par quatre chemins, mais plutôt par trois puisque je vais avoir l’honneur et l’avantage de vous proposer de découvrir 3 disques d’un coup. Trois disques qui ont en commun de mettre en avant des instruments de la même famille, l’immense famille des percussions, avec en vedette, bien sur la batterie.
Trois disques, mais trois univers des plus distincts, qui ne manquent pas de dévoiler la richesse, la variété, la polyvalence et surtout la musicalité d’une famille reléguée au fond de l’orchestre classique, mais que d’autres musiques et d’autres cultures ont su apprécier à sa juste valeur.
Parmi ces cultures, celles de l’orient et particulièrement du sous-continent indien, tiennent une place prépondérante, élevant les percussions au rang d’instruments solistes et leur donnant un répertoire extraordinaire. Ce sera l’objet du premier de ces disques :
n°9
DIGA RHYTHM BAND : Diga(Passage à tablas)

Diga rhythm band est un projet né de la collaboration entre Mickey Hart, batteur percussionniste du Grateful Dead et Zakir Hussein, percussionniste hindou et fils du très estimé Alla Rakha qui accompagna Ravi Shankar pendant longtemps. Autour d’eux se trouvent réunis 9 autres percussionnistes jouant d’un impressionnant éventail d’instruments dont la photo au dos de l’album nous donne une petite idée. Sur les deux premiers morceaux, on peut entendre la guitare de Jerry Garcia et sur le premier les voix de Jim Mc Pherson, Kathy Mc Donald et David Frieberg. C’est, à ma connaissance, leur seul album, et il parut en 1976.
Ce disque débute par un morceau que ne renierait pas Carlos Santana, s’enchaine avec une compo que le Dead reprendra sur scène, mais le reste est clairement inspiré par la musique de l’Inde, les claviers (marimba et vibraphone) assurant des mélodies (des mélopées devrais-je dire !) des plus envoutantes, sur un foisonnement percussif, ce qui donne à certains passages des allures de gamelan balinais. Malgré l’utilisation de mesures complexes, caractéristiques de la musique hindoue, l’ensemble reste « dansant », jamais lassant, tant les sonorités, d’une richesse inhabituelle, nous entrainent dans un univers coloré, exubérant et hypnotique à la fois.
Vous trouverez cet aller simple pour le nirvana ici :
http://go4up.com/dl/1MfhevENRsbEAprès démerdez vous pour revenir !!!!!!
Passons maintenant sur l’autre rive du monde, pour aller à la rencontre du plus fameux représentant de notre famille, la batterie, avec un disque où l’on n’entend qu’elle.
n°10
LES SOLOS DES METHODES AGOSTINI (Sticks et cacahuètes salées)

Pour ceux qui ne le connaitraient pas, disons que Dante Agostini, batteur de jazz d’origine italienne, (1921 – 1980), est connu pour avoir ouvert avec Kenny Clarke, la première véritable école de batterie en France, en 1965. Il a par la suite édité ce qui restera pour les batteurs du monde entier une Bible, les fameuses « Méthodes Agostini », une première dans le domaine de l’apprentissage de cet instrument. Ce monument m’a couté du sang de la sueur et des larmes, mais m’a aussi donné beaucoup de plaisir c’est pourquoi je lui garde aujourd’hui encore une tendresse teintée de nostalgie.
Aussi, je n’hésitais pas lorsque j’en eu l’occasion à commander par correspondance ce disque, où je pouvais enfin entendre tous ces morceaux que je m’évertuais à reproduire au tempo indiqué avec l’aide bienveillante et ô combien nécessaire de mon professeur de l’époque, l’immense, le magnifique, le fabuleux Jean Marc Lajudie, que je salue humblement ici (pour son talent, autant que pour sa gentillesse), lui-même ancien élève du maître (au passage je recommande à tous les apprentis batteurs la méthode Bourseault-Lajudie bien plus facile à aborder et plus progressive que celle d’Agostini).
Peut être certains parmi vous ont déjà eu connaissance de ce disque car je l’avais rippé et mis à disposition sur ce forum dans le topic « les introuvables du net », que la mort de Megaupload a malheureusement rendu obsolète (il faudra que je m’attèle à tout remettre en ligne un de ces jours, ce serait dommage de se priver de ces chefs d’œuvre

).
Il n’y a pas grand-chose à dire d’un tel album, si ce n’est du bien, si ce n’est que c’est tout simplement époustouflant, que la maitrise technique est hallucinante et que la magie opère à fond, car contrairement aux inévitables solos qui encombre tant de double live par leur insupportable vanité, les morceaux présentés ici sont d’une qualité et d’une imagination débordantes, exubérants et rigoureux à la fois. Rigoureux, car n’oubliez pas, tout ce qu’on entend est écrit, pas une once d’improvisation, de complaisance ou d’artifice. Le respect du texte, voilà une chose surprenante dans le domaine du jazz, dont se réclament ouvertement les méthodes Agostini.
Prêts pour l’orgie ? Alors c’est ici :
http://www.mediafire.com/?w8cd22nbo39q89lSi l’en reste parmi vous qui n’ont pas encore atteint l’overdose, je leur propose, pour finir, de quitter ces mondes primitifs et barbares et de se retrouver entre gens de bonne compagnie. Très chère, passez-moi mon smoking, nous avons rendez-vous pour un récital de musique classique contemporaine.
n°11
SYLVIO GUALDA : Percussion volume II(le Paganini de la baguette)

Incontestablement Sylvio Gualda a été un initiateur, le premier percussionniste à avoir donné un récital seul en scène comme un pianiste, comme un virtuose ce qu’il est indéniablement. Pour moi, il reste attaché à un évènement qui m’a profondément marqué, car j’entendis prononcer pour la première fois son nom lors d’un stage d’ensemble de percussion auquel je participais, et ce nom était prononcé avec tant de respect par ces jeunes gens, tous élèves de conservatoires et déjà d’un niveau élevé, que je décidai à peine rentré de commander chez mon disquaire préféré (enfin le seul qui me faisait crédit) un disque du maître, le dernier paru à cette époque.
Ce disque est composé de 3 œuvres pour percussion solo dont deux sont dédiées à Sylvio Gualda :
Il s’agit de « Psappha » de Iannis Xenakis et de « May» de Nguyen Thien Dao, le troisième morceau étant « Quatre pièces pour timbales » d’Elliot Carter, œuvre bien connue des rats de conservatoire.
Psappha, ancien nom de la poétesse Sapho, traite du rythme pur auquel sont subordonnées les sonorités. C’est une œuvre à l’écriture complexe qui n’est pas sans rappeler celle de l’orgue, par ses superpositions de portées, liées à chaque différent timbre . Sylvio Gualda l’a créée à la Roundhouse de Londres en 1976.
Les quatre pièces pour timbale, issues d’un recueil de huit pièces , dont le soliste doit choisir quatre éléments pour former une version de concert, ont été composées entre 1949 et 1966 et sont devenues en quelques sorte un « classique » des timbales par sa recherche de virtuosité et la capacité d’évocation de ses sonorités. Sylvio Gualda a choisi dans l’ordre : Récitatif, Moto Perpetuo, Saëta, Improvisation.
Le dernier morceau, May occupe toute la deuxième face du disque. Composé en 1972, il évoque la nuit vietnamienne, ses bruissements, ses silences, ses angoisses. C’est pour le compositeur, une « conception cosmique du rythme oriental » et une « recherche poussée à l’extrême du silence et des sonorités inouïes, insolites, voire fantastiques » qui créent une « poétique neuve de la percussion menant à une écoute nouvelle du phénomène sonore ».
Bon on arrête de rigoler et si on n’a pas peur, on écoute, c’est ici :
http://www.mediafire.com/?w8cd22nbo39q89lBon voyage aux confins de ces univers magiques et à +
