
Ashton, Gardner and Dyke a été l'un des plus populaires power rock trio des années 1970. Ils sont surtout connus pour leur chanson, "Resurrection Shuffle", un succès transatlantique du Top 40 en 1971.
Le membre fondateur du groupe, Tony Ashton (né Edward Anthony Ashton, le 1 Mars 1946 à Blackburn; mort le 28 Mai 2001) avait rencontré le batteur Roy Dyke (né le 13 Février 1945 à Liverpool), en jouant avec différents groupes de Blackpool. Il avait commencé sa carrière dans le groupe Beat du Nord Ouest de l'Angleterre The Executives. Il avait également été brièvement membre de The Collage Boys et de The Mastersounds auparavant, en Mars 1965, avant d'accepter une offre du groupe Beat de Liverpool The Remo Four comme organiste chanteur, tandis que Roy Dyke était devenu le batteur du groupe depuis 1961 et avait publié deux singles avant l'arrivée d'Ashton.
Leur meilleur travail est venu en 1966 quand ils ont sorti leur album "Smile!". Ensemble avec le bassiste Phil Rogers et le guitariste Colin Manley, ils jouèrent à Hambourg pendant près de deux ans.
Avant leur rupture en 1968, ils avaient soutenu George Harrison sur son album "Wonderwall Music". Harrison plus tard joura de la guitare sur leur chanson "I'm Your Spiritual Breadman".
Le bassiste Kim Gardner (né le 27 Janvier 1946 à Dulwich, Londres; mort le 24 Octobre 2001) avait déjà joué dans des groupes Britanniques mineurs, The Birds en 1961 avec le futur guitariste des Rolling Stones Ronnie Wood, le chanteur Alistair McKenzie, le guitariste Tony Monroe et le batteur Pele McDaniels et The Creation avec le guitariste Eddie Phillips, le chanteur Kenny Pickett et le batteur Jack Jones. Avec la scission de ce groupe à la mi-68, Gardner, avec Wood, Twink et Jon Lord enregistrent sous le nom de Santa Barbara Machine Head avant de s'associer avec Ashton et Dyke.
Dans le courant de l'année 1968, Ashton et Dyke unissent leurs forces avec Gardner et le trio décide de former son propre groupe, Ashton, Gardner and Dyke.
Mick Liber, ancien membre de Python Lee Jackson joue de la lead guitare avec le groupe. Ils embauchent aussi une section de cuivres, Lyle Jenkins et Dave Caswell, en provenance du groupe Galliard originaire de Birmingham.
Leur premier travail consiste à accompagner P.P.Arnold lors d'une de ses tournées et après cela, fin 68, ils obtiennent un contrat avec Polydor Records qui sort le single "Maiden Voyage" / "See The Sun In My Eyes", mais c'est un flop.
Polydor sort ensuite un premier LP du trio intitulé "Ashton, Gardner and Dyke".

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En dépit d'être un album de Rock, ce disque est marqué d'une délicatesse musicale particulière et d'une subtilité originale.
La musique est également influencée par le Jazz, mais le trio a assimilé le Jazz à sa façon et leur approche est tout à fait individuelle.
Cet album est un mélange de tout cela. Il y a quelques bons Blues Rock et une touche de Jazz avec des nuances de Procol Harum. Il y a quelques Rock psychédélique typique des années soixante, rappelant le Moby Grape d'origine, et même quelques sons Hard Rock de type Cream.
Fortement influencées par l'amour commun du trio pour le Jazz Rock, les neuf chansons sont profondément enracinées dans ces années-là autant que cette musique, dont les reprises distinctives de "New York Mining Disaster 1941 " des Bee Gees et "Young Man Blues" de Mose Allison sont les points forts.
Mais le summum de l'album se trouve être le morceau de clôture, "As It Was in the First Place", une longue adaptation d'Ashton du classique "Adagio from Concierto de Aranjuez". Avec un arrangement emprunté à la propre interprétation de ses idoles, The Modern Jazz Quartet de John Lewis, Ashton et Dyke avait déjà enregistré cette chanson avec un producteur du nom de George Harrison pendant les derniers jours de the Remo Four. La nouvelle version entièrement refaite se présente comme l'un des sommets du Jazz Rock Britannique.
Le single "Maiden Voyage" en montre un autre, alors que le sens de l'humour du groupe est bien attesté par les morceaux similaires de même thème et intitulés "Billy and His Piano Without" et "Billy and His Piano With".
Ce n'est pas un album révolutionnaire, mais c'est un bon disque, et il a ses bons moments.
L'album marche un peu, cependant, même après que le groupe soit parti en tournée avec Delaney & Bonnie, et en 1970, le groupe signe avec Capitol.
Ce premier album manquait d'une certaine quantité de verve, mais il a tout de même été généreusement ponctué de compositions aux influences R & B, et Ashton Gardner and Dyke va persévérer et ils enregistreront un total de trois albums.

Cette même année, Ashton est parmi les nombreux musiciens figurant sur le dernier album solo de George Harrison, le triple album "All Things Must Pass", jouant des claviers sur "Isn't It a Pity". Pour une raison contractuelle, il n'est pas crédité sur l'album, mais Harrison le remboursa généreusement en faisant équipe avec Eric Clapton et en se joignant à Ashton, Gardner & Dyke car ils se mirent à travailler sur leur deuxième album où ils apparaissent sous les pseudonymes pas particulièrement mystérieux de George O'Hara Smith et Sir Cedric Clayton.
Jim Price et Bobby Keys, d'autres vedettes du groupe de Delaney & Bonnie, étaient déjà à bord.

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Une grosse cadence de tournée (première partie de Deep Purple) ouvre la voie pour leur deuxième album, "The Worst Of Ashton, Gardner And Dyke", pour lequel ils avaient signé avec Capitol Records.
Ce disque, dix titres entre 3 et 5 minutes, explore une gamme de styles de Rock à saveur Soul avec des paroles qui parlent souvent des maux de la guerre. Il présente des invités assez prestigieux comme George Harrison, Eric Clapton, Stan Webb et P.P.Arnold, parmi d'autres.
Le Rhythm & Blues suinte de tous ses pores comme sur sur l'un de ses meilleurs moments de l'album, l'excellentissime "I'm your Spiritual Breadman" avec ses cuivres et son riff et ses solos de guitares de Sir Cédric Clayton et de George O'Hara...
Encore beaucoup de plaisir, avec beaucoup de variété dans l'écriture et les arrangements. "Sweet Patti Smith O'Hara", comme "Layla" une ode à Patti Boyd / Harrison, est mignonne plutôt que magnifique. "Hymn to Everyone", "Mention my Name" renvoient un nouvelle fois à Procol Harum, et "Don't Want No War No More" aux Nice. Sur "Mister Freako", la guitare est confiée à Romulus Woodworth (alias Ron Wood) et Gigi Arnold (PP Arnold) est dans les choeurs.
Une section de cuivres se fait entendre de ci de là comme sur le standard très Blood Sweet & Tears "Let it Roll" où Stan Webb de Chicken Shack joue de la guitare.
Un album globalement plus festif que le premier qui n'atteint que le numéro 185 dans les Charts, le titre de l'album n'attirant pas forcément les fans potentiels.

Plus tard, la même année, ils sortent le single "Resurrection Shuffle" / "Hymn to Everyone" et ils obtiennent un succès entièrement inattendu qui leur fera une grande renommée dès 1971.
Initialement prévu pour être le prochain single du groupe, "I'm Your Spiritual Breadman" tiré de l'album et avec Harrison et Clapton fut finalement mis de côté en faveur de "Resurrection Shuffle" ("Breadman" fut même relégué à la face B- américaine), une initiative intelligente qui aboutira à rien de moins qu'un succès mondial.
Ce single est entré dans les U.K. Singles Chart le 16 Janvier 1971 et il est resté pendant 14 semaines dans le Top 75, il a culminé au numéro 3 et il a atteint le numéro 40 dans les U.S. Billboard Hot 100 chart.
Ce triomphe ponctuel recueillera finalement (plus tard) pour eux le titre de 'One-Hit Wonder'. La chanson a depuis été reprise par un certain nombre d'artistes, dont Tom Jones et Clarence Clemons.
Dans le sillage du Hit, le trio se lance dans une période de concerts solide: voir l'excellent spectacle de cette période capturé sur l'album live posthume "Let It Roll".
Malheureusement, bien que "Resurrection Shuffle" a projeté le trio vers les sommets, il a également paralysé complètement le groupe.
Les fans voulaient toujours plus de la même chose, le groupe voulait aller de l'avant. "...Le succès s'est retourné contre nous...", dira Ashton des années plus tard. "...Nous voulions être un groupe à album, mais une fois que vous avez un grand succès, vous êtes dans la ligue de la Pop..."
C'était au début de 1973 avant que le trio ne publie finalement un nouveau single, "Can You Get It", et quelques observateurs, eux compris, furent surpris qu'il ne marche que très peu, il n'est même pas rentré dans les Charts (simplement numero 44 en Allemagne).

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De même, leur troisième album, sorti en 1972 sous le nom de groupe Ashton, Gardner, Dyke & Co, "What A Bloody Long Day It's Been", moins politique et plus personnel que son prédécesseur, rate également les Charts.
Mais à son meilleur, la chanson "What A Bloody Long Day It's Been", avec sa ligne de guitare frémissant doucement, et "Ballad of the Remo Four," une plainte pour les jours trop longtemps perdus du groupe sont formidablement sanglants.
Les deux premiers titres figurent aussi sur le live "Let It Roll": le dramatique "It's Gonna Be High Tonight" avec un Mick Liber tout à fait impérial à la guitare et une section de cuivres remarquable, et le très pêchu "It's A Drag, I'm A Drag" avec un solo remarquable de trompette très Chicago (le groupe). Deux des meilleurs morceaux aux accents très Galliard...
Par contre, une nouvelle version de "The Falling Song", l'un des meilleurs morceaux du premier album, avec un arrangement de cuivres et de cordes (écrit par Jon Lord) sublime, est portée à dix minute par un développement digne de Chicago avec des solos remarquables, dont un de trombone.
Le reste des titres est plus léger: Rhythm and Blues, Soul et Boogie Woogie si chers à Tony Ashton.
C'est un bon album, mais il n'est pas transcendant
Entretemps, le trio avait également joué pour le chanteur Irlandais Jonathan Kelly sur son premier album 1970.

Et l'année suivante, ils étaient apparus, avec d'autres musiciens Britanniques de Jazz et de Rock, sur l'album "And a Cast of Thousands" de Leigh Stephens (1971).

Leur dernier enregistrement ensemble fut une collaboration avec Jon Lord sur la bande originale d'un film Américain de série B, "The Last Rebel", mettant en vedette une star du foot Américain, le quarterback Joe Namath.
Le trio se dissout officiellement dans le courant de l'année 1973.
Après leur disparition, Tony Ashton a continué à jouer pour Medicine Head, et il a été brièvement dans Family avant de s'associer à nouveau avec Jon Lord pour Ashton & Lord. Plus tard encore, il est apparu avec Lord et Ian Paice comme Paice Ashton Lord.
Ashton a également travaillé avec Green Bullfrog, Mike Hurst, Third World War et Tucky Buzzard, tandis que Gardner et Dyke et lui poursuivaient leurs travaux de session en aidant des groupes comme Family, Chris Barber, Jerry Lee Lewis et Longdancer.
Son premier single solo "You, Me And A Friend Of Mine" / "I'm Dying For You", extrait du LP "The Last Rebel", était sorti au début de 1972 et il l'a suivi en 1973 avec "Celebration" / "Sloeback". Il a également continué de travailler avec Jon Lord en apparaissant sur le single, "We're Gonna Make It"/"Band Of The Salvation Army Band" et le LP, "The First Of The Big Bands".
Il a également publié deux autres singles solo, "Resurrection Shuffle" / "Ballad Of M. Giver" et "The Crezz" / "Somethin' Something" ainsi que travailler avec Chicken Shack, John Entwhistle et Medicine Head avant de former PAL avec Lord et Ian Paice, sortant le LP "Malice In Wonderland" en 1977 et en prenant part au Wizards Convention project.
Depuis, il s'est concentré sur la production mais il apparut au Concert For Kampuchéa en 1979.
Roy Dyke a également travaillé, entre autres, avec Family et Medicine Head, et il a continué comme batteur de session réputé.
Il a aussi formé Badger avec l'ancien membre de Yes, Tony Kaye, enregistrant un album avant de recruter à la fois Kim Gardner et un autre artiste ayant des connexions fortes avec Harrison, l'ancienne star d'Apple Jackie Lomax pour leur deuxième LP
Lorsque Badger se sépare, Dyke se lance dans une session de travail avec Chris Barber, Café Society, et Pat Travers, avant de déménager en Allemagne, où il vit actuellement.
Lomax et Gardner restent ensemble dans un nouveau groupe nommé d'après le nom du dernier album de Badger, White Lady. Ce projet fait rapidement long feu, et Gardner déménage aux États-Unis, où ses sessions ultérieures comptent the Dwight Twilley Band.
Plus tard, il a ouvert un pub renommé de style Cat & Fiddle British à Hollywood et il fait seulement des retours fréquents à la musique (dont une collaboration à la fin des années 90 avec Mitch Mitchell).
Gardner a ensuite travaillé avec, entre autres, Mike Hugg, Chris Barber et Dwight Twilley avant de devenir un membre permanent du groupe d'accompagnement de Billy Burnette.
Ashton et Dyke avaient aussi convoqué The Remo 4 pour une réunion ponctuelle, enregistrant même un nouvel album, "Attention", pour une sortie en Allemagne. (Une deuxième réunion a eu lieu en 1997).
Ashton est mort d'un cancer, le 28 mai 2001.
Gardner est également décédé d'un cancer en 2001, à Los Angeles, en Californie, le 24 Octobre de la même année.
Discographie:
Ashton, Gardner And Dyke 1969
The Worst Of Ashton, Gardner And Dyke 1971
What A Bloody Long Day It's Been 1972
Sources: wikipedia, Mark Brennan. Dave Thompson
