Collection de disques

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Re: Collection de disques

Messagepar Silence » 11 Oct 2013, 14:43

Il faut voir aussi que parmi les cintrés (et cintrées) dont parle ce site, il y a beaucoup de DJs, c'est donc tout à fait normal qu'ils aient autant de disques. Il y en a aussi beaucoup qui en ont fait un métier d'acheter et de revendre des disques, comme les français présentés (Thomas Pasquet, Manu Boubli et Victor Kiswell), là encore rien d'anormal donc à ce qu'ils en aient autant.

A part le maniaque du Blanc des Beatles, il y a Patrice Caillet qu'est pas mal gratiné aussi, lui son truc ce sont les pochettes modifiées, griffonnées, taguées ... bref tout ce que les autres diggers laissent de côté quoi !
http://www.dustandgrooves.com/patrice-caillet-paris-france/

Mais avant tout, ce que j'aime dans ce site c'est qu'il ne s'agit pas juste d'un concours de qui a la plus grosse, il raconte des histoires, rencontre des gens, voyage ... et fait de belles photos.

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In January 2011 I traveled to Ghana to document a diging trip with Frank Gossner of Voodoo Funk. We met Philip Osei Kojo from Mampong.
an 80 year old man. He did not listen to records for the past 30 years just because he could not fix his record player.
The first time we palyed the record was an unexpected emotional surprise, for him and for us.
"Pour éviter tout débat sur les groupes d'aujourd'hui qui se sont fait piquer leurs idées dans les années 70, il est de rigueur de parler de l'avenir"
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Re: Collection de disques

Messagepar stephkom » 12 Oct 2013, 07:31

l'indien bizarre a écrit:mouai des collections de centaines ou milliers de LP ça me fait bien marrer :preums: :rieur:


Je pourrais dire la même chose des collectionneurs qui ne cherchent que les pressages originaux d'un genre unique ( le psyché au hasard) qu'ils paient en général des prix qui me paraissent ( à moi ) indécents ( même si c'est "en dessous des prix du marché"). C'est pas le même trip, c'est tout... Moi j'aime découvrir des trucs nouveaux, tout le temps et la seule façon de le faire c'est d'avoir beaucoup de disques, pas chers. Comme Yenyen, si ça ne me plait pas, je balance, je vends ou je donne ( acheté entre 50cts et 2 euros, c'est facile!). La différence entre un bon disque à 200 euros et un bon disque à 2 euros c'est tout simplement 198 euros...et contrairement à ce que tu penses, à 2 euros, y'en a un paquet de bons disques ( évidemment faut pas être bloqué sur un genre...) :)
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Re: Collection de disques

Messagepar lili364 » 12 Oct 2013, 08:50

Après toute une vie d'accumulation, de découvertes musicales, on peut très facilement y arriver pour peu d'avoir le budget adéquat. Ce qui n'est pas mon cas mais si je gagnais au loto j'ai en tête quelques centaines de disques que j'achèterai volontiers sans me soucier du prix. Et pourtant je suis sélectif plus aucun disque n’atterrit dans ma collection sans que je l'ai écouté et qu'il y mérite sa place.
Non je ne trouve pas qu'à 2 euros il y ait beaucoup de vinyles de qualité, ce que j'écoute en vinyle est généralement toujours un pressage original puisque pressé qu'une fois, en peu d'exemplaires donc rare et pas à 2 euros (sauf une exception qui m'a valu la trouvaille de la semaine). Par contre en CD c'est beaucoup plus fréquent de faire d'excellentes affaire à moins de 10€, y compris des rééditions de vieux albums qu'on peut aussi acheter en vinyle à prix fort.

PS: stephkom tu as trouvé le "Lux Aeterna" de William Sheller?
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Re: Collection de disques

Messagepar plsh » 12 Oct 2013, 09:48

harvest a écrit:Perso je connais un gars qui a plus de 40 000 mille albums - de folk, country folk ou country blues essentiellement ! Parfois il a les disques en plusieurs exemplaires vu qu'il achète les pressages US, UK et français quand il y en a. Et en CD pour pas les user... Rigolo de parler avec lui tout fébrile qu'il est encore quand il découvre un truc inconnu... :)


C'est justement ça qui m'énerve côté collectionneurs, c'est qu'ils cumulent des objets sans s'en servir. Perso je suis pas un grand collectionneur (je dois avoir à tout casser 400 disques) car, même quand j'achète un lot, je sélectionne beaucoup. Pourquoi? Parce que quand j'achète un disque ce n'est pas pour le mettre dans un coffre-fort mais pour l'écouter!

Par exemple, il y a 2 ans, on a fait la "folie" avec un pote d'acheter un vieu fond de broc, 3500 disques pour 500 euros. Eh bien il y avait des trucs intéressants dedans (du classic rock, du jazz, de la chanson, du prog obscur) mais en moindre quantité, le reste était du classique, de la variétoche ou des compiles. Donc on a gardé une cinquantaine (pas plus) de disques chacun et le reste on l'a revendu ou échangé; ce qui m'a permis, soit dit au passant, d'acquérir de belles pièces.

Si j'étais dans la logique d'accumuler j'en aurais gardé beaucoup plus (je pense à qualques pièces d'échange comme les compiles orgue Hammond ou les premiers Van Halen par exemple); mais je préfère 10 000 fois un bon disque que j'écoute à 20 disques (même si "collectors") que j'écoute pas. Exemple, hier j'ai échangé au disquaire de Montparnasse un live de Gainsbourg (celui de 1986 me semble-t-il) et un Eric Burdon + Animals (compile des années 70 du label BYG) contre une éd.originale française de In the land of gray and pink de Caravan. Gainsbourg et le label BYG sont certes assez "collectors", mais les deux disques ne présentaient à mes yeux un intérêt musical suffisant, Caravan par contre m'intéresse: 2 disques pour 1, c'est pour moi une excellente affaire. Et tant pis pour la quantité de disques sur mes étagères!

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Re: Collection de disques

Messagepar harvest » 12 Oct 2013, 10:31

Chacun voit midi à sa porte, comme on dit ! Le gars dont je parle achète des disques depuis 1965 - et ne se sépare jamais d'un disque - sa formule " ce qui rentre chez moi n'en sort plus" - c'est dire le degré de la névrose :)

Il a passé sa vie à écouter de la musique - n'a plus le temps de lire ou de faire quoi que ce soit d'autre. Maintenant à la retraite et avec l'arrivée d'Internet c'est pire encore - je l'ai un jour accompagné dans une bourse aux disques et je ne reviens toujours pas de la quantité de trucs qu'il a acheté ce jour là ! Je connais plusieurs personnes comme ça - je ne juge pas leur manie - elles sont adorables et sympathiques et surtout ont ou avaient de très bons boulots fortement rémunérateur.
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Re: Collection de disques

Messagepar plsh » 12 Oct 2013, 10:46

harvest a écrit:et surtout ont ou avaient de très bons boulots fortement rémunérateur.


Ben forcément quand on est au RSA on hésite à mettre 100 ou 200 euros un seul jour dans une bourse-aux disques; mais justement, pour moi, l'intéret d'une collect de vyniles c'est que c'est pas trop un truc branchouille de classe, c'est-à-dire qu'on peut ENCORE trouver des beaux disques à pas cher.

Je pense qu'avec le temps ça pourrait devenir autre chose, comme les trains électriques d'époque par exemple qui ne sont plus accessibles qu'à une petite minorité, mais pour l'instant ça reste faisable de démarrer une bonne discothéque avec un moindre budget, le bon coin et vide-greniers.org aidant...

Après je juge pas, juste que je suis dég quand je vois des collectionneurs (et j'en connais beaucoup) acheter des trucs et JAMAIS les écouter au nom de la valeur... :haan:
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Re: Collection de disques

Messagepar sLidE_viNylEs » 12 Oct 2013, 11:41

Le Rock 60/70 se cotise ?

[video]http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=6J6OmXaLdKE#t=428[/video]
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Re: Collection de disques

Messagepar Muswell » 17 Oct 2013, 07:08

Silence a écrit:Un site très intéressant sur et pour les collectionneurs. Il y a quelques collections de malade !!!
http://www.dustandgrooves.com/archives/


vraiment très chouette ce blog, merci pour le lien, et j'ai déjà découvert de très bons disques grâce à ces mordus
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Re: Collection de disques

Messagepar Nuwanda » 01 Nov 2013, 11:29

'tain le mec avec les white album il est en psychatrie non ?
:wtf:
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Re: Collection de disques

Messagepar Muswell » 01 Nov 2013, 12:38

et pourquoi donc ? c'est plus pour les pochettes et ce qu'elles sont devenues que pour les disques et je comprends très bien la démarche, c'est le support idéal

ça me fait penser à robert ryman qui a peint du blanc du blanc et encore du blanc et à ma connaissance il n'est pas interné en psychiatrie
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Re: Collection de disques

Messagepar Nuwanda » 02 Nov 2013, 12:55

c'etait une blague, j'ai compris la démarche artistique du truc tkt

c'est juste que c'est quand meme pas banal
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Re: Collection de disques

Messagepar Dark Pink » 03 Sep 2014, 22:55

Le collectionneur des "doubles blancs" a fait une expo, rigolo !
http://journal.liberation.fr/publicatio ... 43/#!/0_24
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Re: Collection de disques

Messagepar Monsieur-Hulot » 04 Sep 2014, 08:26

...peux pas la voir, j'y ai pas droit car je suis un "sans dents" moi ! :pacman: <- smiley édenté
FILLES & MOTEURS, JOIES & DOULEURS !
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Re: Collection de disques

Messagepar Dark Pink » 04 Sep 2014, 10:05

Monsieur-Hulot a écrit:...peux pas la voir, j'y ai pas droit car je suis un "sans dents" moi ! :pacman: <- smiley édenté


Je vais scanner le truc, ça vaut le jus (sans dents, ça passe, le jus, non ?)
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Re: Collection de disques

Messagepar Dark Pink » 04 Sep 2014, 10:32

[img=http://www19.zippyshare.com/thumb/10048148/file.html][/img]


Beatles Mille nuances du Blanc

Reportage. Quête . A Liverpool, une galerie expose des exemplaires du premier pressage de l’«Album blanc» des Fab Four, collectés par l’artiste Rutherford Chang.

Par Sophian Fanen Envoyé spécial à Liverpool


«Mais pourquoi il est tout blanc ce disque ? Ça sert à quoi ? Et vous les vendez dans cet état ? Comment ça, vous ne les vendez pas ? Je ne comprends pas.» Avec son gros accent et son tee-shirt siglé du Liver Bird, mythologique symbole de la ville autant que de son club de football, ce visiteur était un rien déstabilisé devant We Buy White Albums, l’installation de l’artiste américain Rutherford Chang présentée jusqu’au 15 septembre par la galerie Fact et la Biennale d’art contemporain de Liverpool.

«Artefact». L’œuvre se présente comme un magasin de disques classique, ouvert sur la rue et annoncé par une enseigne en néons rouges au pied de la galerie, située au beau milieu des rues animées du Liverpool fêtard. On y entre librement, pour tomber sur un mur recouvert d’exemplaires de l’«Album blanc» des Beatles, officiellement nommé The Beatles, publié le 22 novembre 1968. En face, des bacs ne contiennent que 1 026 exemplaires du même double album à la pochette blanche, classés à l’aide d’intercalaires numérotés de zéro à 3 200 000.

C’est, approximativement, le nombre d’exemplaires au premier pressage de ce neuvième album du quartet de Liverpool, logique premier arrêt européen de cette installation déjà présentée à New York et Indianapolis en 2013, et qui partira ensuite pour Tokyo.

Pour Rutherford Chang (lire ci-contre), l’Album blanc est «l’artefact parfait de la culture pop», car chacun des exemplaires de son premier pressage est numéroté. Chaque carré blanc devient alors unique, dans un pied de nez voulu par l’artiste britannique Richard Hamilton, inventeur du terme «pop art» et auteur de la pochette, décédé en 2011.

Vide. Après la folie bariolée de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, les Beatles ont travaillé pendant quelque temps sur un album nommé A Doll’s House. Un dessin avait même été préparé, à nouveau très coloré, les montrant comme tassés dans le cadre. Jusqu’à ce que le groupe de rock progressif Family ne publie Music in a Doll’s House en juillet 1968. Retour à la case départ.

Paul McCartney, alors aux manettes, rencontre Richard Hamilton et l’artiste propose de jouer la provocation en sortant un album à la couverture vide de tout. EMI, la maison de disques des Beatles, prend alors peur et négocie ce qu’elle peut avec le groupe, à l’époque le plus puissant du monde. L’album sera finalement bien blanc, mais le nom du groupe sera inscrit en lettres gaufrées flottant sur la droite, et chaque exemplaire sera numéroté. Pour Hamilton, auteur d’une rétrospective consacrée à Marcel Duchamp en 1963, il s’agissait de «créer une situation ironique, une édition numérotée de quelque chose qui a été tiré à cinq millions d’exemplaires». Ce sera finalement un peu moins, et le numérotage sera supprimé des rééditions qui suivront, comme le gaufrage, qui sera remplacé par un bête «The Beatles» gris.

Constitué de l’accumulation d’un bien de grande consommation, We Buy White Albums est donc un ready-made de ready-made, dans l’esprit de Duchamp autant que de Hamilton, qui confronte le carré blanc aux presque quarante-six années écoulées depuis sa fabrication.

Car bien entendu, aucun du millier d’albums offerts aux manipulations des visiteurs n’est resté immaculé. Ils ont été beaucoup écoutés, maltraités, négligés ou oubliés avant d’être achetés par Rutherford Chang. Chaque exemplaire devient dès lors doublement unique, par son numéro de rang et par les traces qu’il porte.

Certains sont peints (dont un en blanc…), d’autres ont été rescotchés de partout. Beaucoup portent le nom des Beatles révélé en couleur, comme si le blanc sur blanc était trop difficile à accepter pour un groupe qui était alors au faîte de sa gloire artistique et publique. Sur d’autres exemplaires, on trouve un «Ne pas sortir de la salle de contrôle» mystérieux à jamais, les prénoms «Richie» et «Jeannie» unis dans un cœur, un «Los Beatles» venu d’Argentine, ou la trace d’une tasse de café - une idée que Richard Hamilton avait également proposée en 1968, envisageant déjà que son carré blanc ne le resterait pas. Chacun peut fouiller et dénicher la rareté au milieu de la normalité, jusqu’à cet exemplaire acheté aux Etats-Unis, survivant d’un incendie, qui contient un bristol sur lequel sa propriétaire a consigné chaque écoute sur un calendrier avec une précision inquiétante.

«Je trouve ça touchant, nous disait John McCarthy, venu de Saint Helens, dans la grande banlieue de Liverpool. J’ai 62 ans et je me souviens de la sortie de cet album, mais à l’époque, il était bien trop cher pour moi. Ce que j’aime dans cette accumulation à tripoter, c’est que cet album était fait pour ça, quand on y pense. Il est déjà composite : sa pochette est vide parce qu’il est tellement varié qu’aucune image ne peut le résumer.»

Avec We Buy White Albums, Rutherford Chang règle aussi son compte au fétichisme nouveau qui entoure le format vinyle depuis son retour en grâce face à la musique dématérialisée. Quand les acheteurs traquent les copies «mint», c’est-à-dire en parfait état, les disques qu’il expose sont là parce qu’ils ont vécu mille vies, qui transpirent de leurs gnons. Il achève par là le jeu lancé avec la pochette conceptuelle créée par Richard Hamilton il y a presque un demi-siècle, qui n’était blanche que pour être le début d’une histoire.


We Buy White Albums Galerie Fact, 88 Wood St, Liverpool (Grande-Bretagne). Jusqu’au 15 septembre. Rens.: www.fact.co.uk

«Casser la fétichisation du format vinyle en faisant l’exact opposé»

Interview. L’Américain relate la genèse de sa collection d’originaux numérotés :

Recueilli par S.Fa. (à Liverpool)


Rutherford Chang a 34 ans et vit à New York. Il a auparavant exposé The Class of 2008, qui rassemblait façon trombinoscope toutes les hedcuts - des portraits dessinés iconiques - publiées par le Wall Street Journal en une année. Il revient sur sa démarche maniaque autour de l’«Album blanc» des Beatles.

Qu’est-ce que a déclenché cette collection ?

J’avais une copie achetée lorsque j’étais adolescent dans un vide-grenier. Puis, il y a huit ans, j’en ai acheté une deuxième parce qu’elle était très marquée, identique mais unique. Le blanc rend toutes les altérations très visibles, et surtout la numérotation en fait un objet idéal à collectionner.

Comment vous procurez-vous les disques ?

J’ai commencé en faisant les vide-greniers, puis sur Internet. Sur eBay aujourd’hui, je suis connu comme «le type qui achète les copies pourries de l’"Album blanc"» ! Mais le plus intéressant, ce sont les copies qu’on vient me vendre lors des expositions.

Chacune a une histoire pour vous ?

Oui, du genre : «J’ai fait l’école buissonnière pour aller l’acheter», «Je l’ai volé parce qu’il était trop cher», «J’ai rayé [les chansons] Sexy Sadie et Happiness Is a Warm Gun pour que mes parents me laissent l’écouter». C’est un disque qui a beaucoup marqué son époque. On a du mal à imaginer à quel point sa sortie a été un événement mondial, et il n’en reste que ces copies mutilées. C’est une façon de relativiser l’importance des objets qu’on nous vend.

Mais un disque, surtout un album aussi important dans l’histoire de la pop que celui-ci, n’est-il pas plus qu’un objet ?

Oui, mais il ne faut pas oublier qu’en 1968, ce n’était qu’un objet de grande consommation. Tout le monde a acheté ce disque, ce n’était pas une rareté. Donc, il n’y avait aucun problème à écrire dessus… Aujourd’hui, personne n’écrirait sur un vinyle ! J’ai vu passer des gens horrifiés de voir l’état des copies que j’ai rassemblées.

C’est une réaction au retour du vinyle, qui est devenu un objet de collection que les acheteurs n’écoutent pas forcément ?

En partie, oui. J’essaie de casser la fétichisation du format vinyle en faisant l’exact opposé : je collectionne les copies dont personne ne veut, et en plus je collectionne la pochette la plus ennuyeuse de l’histoire ! J’exagère cette culture du vinyle à l’extrême. Mais d’un autre côté, je l’entretiens aussi puisque j’ai pressé ma propre version de l’«Album blanc».

Quel a été le processus qui a mené à ce pressage ?

J’ai enregistré les 100 premiers exemplaires que j’ai écoutés lors de la présentation de l’installation à New York. Chacun s’est empilé sur le précédent, avec des différences infimes qui créent un léger décalage progressif. Le vinyle finalement pressé commence comme l’«Album blanc», avec l’avion de Back in the USSR, mais chaque face se transforme peu à peu en mélodie bruitiste. De fait, l’ensemble du disque sonne comme Revolution 9, le morceau fait de collages sonores par John Lennon et Yoko Ono. J’ai toujours trouvé que c’était un geste fou d’inclure un morceau aussi avant-gardiste dans un disque aussi populaire.

Votre collection aura-t-elle une fin ?

Oui, quand je serai en possession des 3 millions et quelques d’exemplaires qui ont été pressés.
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