Rhâ je ne sais pas, faudrait que je réécoute ça. Les deux sont importants en tout cas.
Bon après écoute du deuxième album, je reviens sur le cas PNL, faisant fi de votre hostilité.

L'esprit ghetto, les autos-références, la sensibilité exacerbée, les sons planants et synthétiques, le sens du mystère dans la communication: en fait PNL sont les fils cachés de Booba et de Mylène Farmer. Du rap émo.
Plus sérieusement. C'est un privilège assez rare pour un artiste d'imposer une personnalité si marquante qu'elle en arrive a transcender les codes de son 'genre' d'origine. Que l'on aime ou pas, PNL le fait, en inventant un style qui n'est qu'a eux (tout en ayant des inspirations évidentes, américaines notamment), parfaitement aboutit, étonnant de maturité pour un groupe sorti de nulle part cette année et qui décoche deux albums en 6 mois... C'était déjà le cas sur le premier album, ici ça l'est encore plus, avec quelque chose qui est de plus en plus difficile a catégoriser comme du rap, mais plutôt comme de la chanson française... sans en être non plus. Et puis cette sensibilité générale, ce b-boy blues, cette désacralisation de la rue, cette déprime devenue consubstantielle a l'existence (je pense aux gothiques dans South Park d'un coup

), c'est quand même peu commun dans le rap français. Et encore une fois la cohérence de l'ensemble, inébranlable. Tout cela (entre autres choses) rend PNL remarquable.
Ceci dit l'album est trop long. Une douzaine de titres sur le premier: pas un a jeter. Ici dix-sept: quelques uns sont moins inspirés (a mon avis: Oh La La, J'vends, Le M, Que La Mif).
Mais la magie fonctionne. J'insiste sur le génie de ce groupe pour concocter des mélodies, des refrains (lentement mais surement) addictifs.
Un cadeau empoisonné pour le rap français aussi: en même temps qu'il va être très difficile de faire comme s'ils n'avaient rien changé, il le sera encore plus de les suivre dans leur univers sans être ridicule. Qui vivra verra.
Insistez, abordez leur délire avec une oreille naïve. Conseil d'écoute: au casque, dans la rue, a pied, en train, bus, voiture. Chez soi ça n'a pas forcément la même résonance. A bon entendeur !..
