EL34 a écrit:Et souvent c'est grâce au web, qui te livre sur un plateau et toutes cuites, très (trop ?) facilement, les infos que tu avais mis des années à collecter et assimiler en auscultant les notes de pochette, les revues et bouquins spécialisés, en prenant des notes, en faisant des petites fiches, le tout en trouvant au compte-goutte les disques soit en les achetant quand tu pouvais, soit dans les bibliothèques / médiathèques, en les empruntant à d'autres, via des copies de copies de copies de cassettes, etc, c'est dingue
Je suis entièrement d'accord. Et j'ajouterais que les informations livrées très et surtout trop facilement par le web ne sont pas forcément un progrès.
A l'époque dont tu parles que beaucoup ont connu ici, il fallait en vouloir. Ce n'était pas évident pour tout le monde de trouver les lp des Amboy ou de captain Beyond , surtout quand tu ne vivais pas dans une grande ville. Il fallait s'accrocher, être vraiment piqué par la chose.
Et surtout, il fallait
payer. Quelques vinyles par mois, cela représentait des sacrifices quotidiens. Comme disait un certain Brian Auger, "nous enfantons dans la souffrance et c'est plus productif".
Actuellement, il suffit d'un abonnement internet avec une connexion pas trop lente. Où est le mérite, et surtout, qu'est ce que les jeunes en retirent ?
Par exemple, un petit mecton (musicien dans un groupe manceau de doom très typé 70s, et adorable) qui me branche sur Captain Beyond, Pentagram, Blue Cheer, Randy Holden, Amboy Dukes, etc, et qui connait ça par coeur, presque mieux que moi.
Effectivement, mais ils ne doivent pas être bien nombreux dans ce cas.
Et encore la même rengaine...
Le topic partait de manière intéressante, et ça a vite terminé (comme souvent ici) en diatribe anti-jeunes.
Les jeunes ne savent plus attendre, tout leur tombe tout cuit dans le bec, y'a plus de mérite avec internet, etc...
Que du bla bla, dont je ne comprends absolument pas l'intérêt.
Vous pouvez pas juste laisser les gens faire comme ils le veulent ?
Y'a eu des évolutions, la grosse nouveauté en terme de musique par rapport aux années 60 et 70 c'est l'arrivée d'internet.
Y'a du bon, et y'a du mauvais. Mais quand on sait l'utiliser, ça peut être un formidable outil.
Des fois c'est à se demander si c'est pas de la jalousie, car certains jeunes de 20 piges en connaissent 10 fois plus que certains vieux au même âge.
Mais pour redevenir sérieux, je pense que si à l'époque la difficulté était qu'on n'avait accès à rien (petites villes, recherches intensives, ...) aujourd'hui elle est telle que l'on a accès à tout.
Croyez-moi, ça peut être une réelle source de plaisir que de chercher pendant des heures et des heures la petite pépite qui sort du lot sur bandcamp ou discogs. Ou de faire son choix chez un disquaire qui a en stock une infinité d'excellents trucs.
La recherche, pour les passionnés, elle est toujours là. Qu'importe sa forme, que ce soit passer du temps sur tous les sites possibles ou foutre son nez dans des bacs.
En attendant, cette haine anti-jeunes, elle est surtout pleine d'ignorance (comme chaque forme de haine).
Pour faire beaucoup de concerts, cotoyer des disquaires et m'y rendre assez régulièrement, je peux dire que la majorité des gens que je croise tournent plus autour de la vingtaine et de la trentaine que de la cinquantaine ou soixantaine.
La jeunesse passionnée de musique, elle est toujours là. Les moyens de consommation ont évolués, mais c'est la même chose dans n'importe quel domaine.
Alors oui, on n'est plus en 72, beaucoup découvrent graçe à internet des albums qu'ils n'auraient jamais connu sans, et en quoi est-ce un mal ?
Le syndrome du "c'était mieux avant" c'est du pipeau. La réalité c'est que c'était différent avant, mais ça ne va pas plus loin.
(D'autant que j'ai lu plusieurs posts ici de personnes qui ont avoué faire pareil à une époque, et chercher en masse sur la toile. Y'a pas de l'hypocrisie dans le discours ?)
En bref, j'ai un seul mot d'ordre : foutez-nous la paix !