Après la conquête britannique de 1759, le Québec se retrouve isolé de la mère-patrie. Plusieurs voyageurs dénoteront le caractère anglicisant et archaïsant du français d'ici.
Oui, on utilise encore toujours au Québec de jolies vieilles expressions, comme "barrer une porte", qui peuvent être vues comme des archaïsmes, ou comme une belle manière de conserver un certain français. Mais… Le québécois est aussi et surtout "riche" d'anglicismes qui sonnent comme des mots français, mais ne le sont pas. Et ça, ce ne sont rien d'autre que des erreurs dues à la traduction de mots anglais qui donnent un sens fautif à des mots bien français. L'usage de ces mots est d'ailleurs critiqué par l'Office québécois de la langue française. Quelques exemples :
- Admission (comme en anglais) - On ne paye pas pour l'admission au cinéma, mais on paye l'entrée.
- Breuvage (calque de beverage) - Un breuvage n'est pas une boisson comme un Seven Up, c'est tout autre chose.
- Boisson (utilisé dans le sens de drink, une boisson alcoolisée) - Une boisson est ce qu'on peut boire, avec ou sans alcool.
- Être en boisson (to be drunk) - Calque de l'anglais pour "être ivre".
- Éventuellement (utilisé souvent au Québec dans le sens du eventually anglais) - Éventuellement ne signifie pas "plus tard" comme en anglais, mais "peut-être".
Et il y en a des tonnes…
Quant au débat récurrent concernant l'usage d'anglicismes en France (ce que je ne conteste pas, il y en a trop), les Québécois ne font pas mieux. Quand ils parlent de leur voiture, ils n'utilisent que des mots anglais. Et ils commencent souvent leurs phrases par "anyway". Ils ne disent pas, pour plusieurs, "Je vais voir si j'ai reçu des courriels", mais "Ma checker mes mails".
Et quand une réceptionniste québécoise te dit "Gardez la ligne", ce n'est pas une vieille expression française, mais un calque de l'anglais "Hold the line".
Quin toé...
