gillesmon a écrit:Ensuite, que ça se vende, c'est essentiellement dû au mauvais gout des consommateurs qui entendent la "musique" plus qu'ils ne l'écoutent...
Pas vraiment d'accord avec cette partie (même si je suis d'accord avec le fait que les gens, d'une manière générale, entendent plus qu'ils n'écoutent).
Reprocher aux gens leur mauvais goût est, à mon avis, un raccourci facile et trop souvent repris.
Le goût, ça se travaille. On en sait quelque chose ici, habitués que nous sommes à écouter un maximum de choses et souvent plusieurs fois de suite certains trucs afin de les comprendre et de les classer dans notre échelle de valeurs personnelle. Et même entre nous, alors que beaucoup sont très fins connaisseurs, on se reproche de temps à autres (uh, uh), ouvertement ou non, d'avoir « mauvais goût ».
Mais tout le monde n'est pas dérangé à ce point ! Ça demande du temps, les domaines d'intérêts ne sont pas les mêmes, etc. Je pense que c'est justement pour guider ces personnes-là que la critique et les médias existent, pour « trier » et informer les non-connaisseurs (ce qui n'implique en aucun cas que ces derniers ont mauvais goût).
Peut-être que je me trompe et que le but de [Guetta] (ou autre, hein...) est effectivement de faire danser les gens, mais j'ai tout de même un gros doute. Mettons que ce soit vrai. Quel serait alors celui des médias qui matraquent les auditeurs avec ces daubes et guident (rabattent ?) vers elles les non-connaisseurs (et puisqu'on leur dit que c'est bien et que tout le monde semble d'accord, pourquoi penseraient-ils le contraire) ?
Je me répète encore, mais je crois que « la faute » (pour autant qu'il y en ait une), repose davantage sur les prescripteurs que sur un hypothétique mauvais goût des gens. (Pitié, n'utilisez plus « consommateurs », c'est trop laid.)
Je suis loin de croire à un quelconque Complot mais, à bien regarder le phénomène, je vois des personnes qui, pour diverses raisons (paresse, appât du gain...), se contentent d'agir dans un système pré-défini, bien rodé et confortable pour elles. Un système qui pourrait bien se casser la gueule si un peu probable rouage philanthropique venait s'y insérer.
Mais je ne pense pas qu'il soit question de bon ou de mauvais goût de qui que ce soit. Je pense même que, si le goût existe (c'est avéré), il ne peut être bon ou mauvais.
Encore une fois : je peux me tromper !
(Fin du quart d'heure Bisounours, vous pouvez reprendre une activité normale.)