J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » mar. 21 sept. 2021 13:09

Une nouveauté 2021 et un joyeux bordel, ils ont 18 dans le groupe :hehe:

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The Very Big experimental Toubifri orchestra-Dieu Poulet

Faut reconnaitre que c'est du bizarre


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 21 sept. 2021 13:34

nunu a écrit :
mar. 21 sept. 2021 13:09
Une nouveauté 2021 et un joyeux bordel, ils ont 18 dans le groupe :hehe:

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The Very Big experimental Toubifri orchestra-Dieu Poulet

Faut reconnaitre que c'est du bizarre
Dans un style un peu voisin, mais sans les parties vocales, il y a le Surnatural Orchestra avec Antoine Berjeaut et Antonin Leymarie qui vaut également le détour!

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » mar. 21 sept. 2021 13:39

Je suis passé a ca que je trouve plus a mon gout que l'écoute précédente

Emma jean Thackray-Yellow

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Plus jazz et plus proche de ce que j'aime. Emma-jean Thackray est une cheffe d'orchestre et multi instrumentiste anglaise sur l'album elle joue de la trompette, de la basse, de la guitare, du vibraphone, des claviers, du synthé de l'orgue et elle chante


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 21 sept. 2021 13:52

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Un nouvel opus de 1987, le duo exemplaire formé par Mal Waldron et Steve Lacy se forme à nouveau pour enregistrer un album autour des compositions de Duke Ellington et de Billy Strayhorn, l’aboutissement de cette collaboration prend le nom de « Sempre Amore » et paraît sur le label italien « Soul Note ». Bien entendu Steve joue du saxophone soprano et Mal du piano. Merci à Mike Hennessey pour ses notes de pochette très précises.

L’association de ces deux musiciens, à ma connaissance, n’a produit que des œuvres remarquables, dès le premier titre « Johnny Comes Lately » le niveau est très haut, c’est une pièce que Steve jouait autrefois en compagnie de Cecil Taylor, et bien, avec Mal Waldron, ça fonctionne également très fort, ce dernier joue sa partie avec ses armes, économie et note juste, au bon moment, avec la précision d’une horloge, une série « d’hésitations » jouées avec une grande maîtrise, du grand art !

Puis, voici « Prelude To A Kiss », un des standards les plus joués au monde, sous les doigts jouant des clefs et des touches, la ballade renaît avec sa simplicité, son charme et l’exquise délicatesse qu’elle véhicule, les décennies sont passées, le temps a fait son ouvrage, mais elle demeure là, fraîche et ingénue, comme au premier jour…

Le troisième titre est « Stars Crossed Lovers » qui se réfère à l’histoire de « Roméo et Juliette ». Le titre est très beau et très poétique, c’est Mal qui a choisi ce titre et c’est assez dans son style, écriture ciselée tendant vers un certain minimalisme. Impression de retenue, de simplicité et de pudeur, grande délicatesse dans l’écriture et l’exécution, chaque page qui passe ici est magie.

La dernière pièce de la première face se nomme « To The Bitter » Steve Lacy déclare l’avoir jouée en pensant à la prestation d’un danseur évoluant au gré de la musique, sur un tempo assez vif. Il y a en effet un aspect tourbillonnant qui agite ce morceau.

Avec « Azure » qui ouvre la face B, on retrouve une ballade, celle-ci date des années cinquante, elle porte en elle de la nostalgie, mais aussi de la mélancolie, l’interprétation est divine, pianiste et sopraniste élèvent bien haut la qualité d’interprétation.

« Sempre Amore » est la chanson-titre, Steve dit d’elle « Duke était un maître, il pouvait dire beaucoup avec seulement deux notes », à nouveau un titre très lent, peu bavard, tout est dans l’interprétation, la couleur et l’intensité.

« A Flower is a Lovesome Thing » est à nouveau une ballade, cette fois-ci signée Billy Strayhorn. Steve Lacy souligne l’exigence technique de l’interprétation : « Tous ceux qui aiment Strayhorn connaissent ce titre, c'est un air difficile avec de grands intervalles et de magnifiques implications harmoniques ».

L’album se termine avec « Smada », une magnifique pièce, assez dynamique qui offre sa touche finale à l’album. Ce dernier est tout entier en qualité, les deux maîtres se sont mis au service des compositions de deux des plus grands compositeurs du jazz d’autrefois, pour un hommage sans doute, mais aussi pour relier le présent d’alors à l’histoire passée, une façon de reconnaître la grande valeur de l’héritage, une façon également de ne pas l’oublier.

Johnny Comes Lately


Mal Waldron/Steve Lacy - Stars Crossed Lovers

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » mar. 21 sept. 2021 14:33

Douglas a écrit :
mar. 21 sept. 2021 10:15


Love Theme From Spartacus (Remastered)
Argh, c'est l'un de mes thèmes préférés ; je m'étais fait une petite compile bien personnelle des variantes. Superbe ici !

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 22 sept. 2021 02:01

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Encore l’année 1987 avec ce bel album de Kip Hanrahan ‎ « Days And Nights Of Blue Luck Inverted », une nouvelle cuvée pure Bronx, pourrait-on dire… Avec ces percussions omniprésentes, ces rumeurs d’Afrique, des Caraïbes et de Porto Rico qui se promènent dans l’air, le quartier qui vit aux couleurs des musiques urbaines, les gamins qui tapent dans la balle, jeunesse vautrée sur la carrosserie d’une Lincoln Continental qui crache le son. Danse petit ! Danse et attrape le soleil !

C’est le cinquième album en leader pour Kip, une sorte de consécration déjà, ça commence par un truc tendre, souffle Jerry Gonzales, trompette sensuelle, puis une voix, dénudée, qui chante « Love Is Like A Cigarette »…

Avec Kip tout vibre en percussions, les corps et les cœurs, les mains et les peaux, la main sur la peau, frappe, tape et caresse et chante, aussi. « Gender » titre magique qui rassemble ce savoir épars, la voix, la mélodie qui s’enroule, trois minutes d’une chanson qui résume un parcours.

La musique de Kip part d’un point de vue, celui de son enfance, ces rythmes, sa vie. Mais il regarde le monde et met ses tambours au service du jazz, des chansons, peut-être même est-il pop ? Il aime les textes et les mélodies qu’il retranscrit en chant, peut-être est-ce toujours le même, bien qu’il se grime de façon différente : une sorte de déguisement à son obsession…

Il prend le temps et peaufine, c’est un méticuleux, un amoureux du travail bien fait, exigeant. Il est tendre aussi, il en a travaillé la recette, les contours, car il aime tirer les larmes des beaux yeux des dames mais aussi, c’est plus rare, celles des gros lourdauds. « Ah, Intruder ! (female) » comme dans un film italien des années soixante, valse enivrante qui n’en finit pas…

Après ce disque viendra une première pause phonographique, trois ans pour se ressourcer, faire le point et repartir. Cet album prend, peut-être, la forme d’un bilan, il en a en tout cas la perfection, il fait partie de ces enregistrements qui jamais ne prennent une ride, tout aussi actuels aujourd’hui qu’au moment de la parution, la musique de Kip est presque un genre en elle-même, elle possède une incroyable identité qui la rend reconnaissable de suite, alors oui, c’est une sortie 87, mais intemporelle…

KIP HANRAHAN - Love Is Like A Cigarette


Kip Hanrahan-Gender


KIP HANRAHAN - Ah, Interluder Female


KIP HANRAHAN - Lisbon Blue Requestt


Kip Hanrahan - Marriage

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Goldandlink » mer. 22 sept. 2021 13:30

nunu a écrit :
mar. 21 sept. 2021 13:39
Je suis passé a ca que je trouve plus a mon gout que l'écoute précédente

Emma jean Thackray-Yellow

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Plus jazz et plus proche de ce que j'aime. Emma-jean Thackray est une cheffe d'orchestre et multi instrumentiste anglaise sur l'album elle joue de la trompette, de la basse, de la guitare, du vibraphone, des claviers, du synthé de l'orgue et elle chante

La scene anglaise est toujours aussi féconde. Je recommande aussi le premier album de la harpiste Nala Sinephro, Space 1.8. On est dans le space / ambient jazz avec de l'électronique. Ca pourrait plaire a beaucoup de monde ici je pense, de Douglas jusqu'a Silence est son amour du doom jazz. On peut y entendre de l'influence de Alice Coltrane est la sur un titre comme Space 2 ou de Autechre sur Space 3. Certaines pistes comme le closer Space 8 rappelle ce qu'on entend chez International Anthem depuis quelques années.


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 23 sept. 2021 04:17

Goldandlink a écrit :
mer. 22 sept. 2021 13:30
nunu a écrit :
mar. 21 sept. 2021 13:39
Je suis passé a ca que je trouve plus a mon gout que l'écoute précédente

Emma jean Thackray-Yellow

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Plus jazz et plus proche de ce que j'aime. Emma-jean Thackray est une cheffe d'orchestre et multi instrumentiste anglaise sur l'album elle joue de la trompette, de la basse, de la guitare, du vibraphone, des claviers, du synthé de l'orgue et elle chante

La scene anglaise est toujours aussi féconde. Je recommande aussi le premier album de la harpiste Nala Sinephro, Space 1.8. On est dans le space / ambient jazz avec de l'électronique. Ca pourrait plaire a beaucoup de monde ici je pense, de Douglas jusqu'a Silence est son amour du doom jazz. On peut y entendre de l'influence de Alice Coltrane est la sur un titre comme Space 2 ou de Autechre sur Space 3. Certaines pistes comme le closer Space 8 rappelle ce qu'on entend chez International Anthem depuis quelques années.

En effet ça frappe fort côté nouveautés!

La pochette du Nala Sinephro est moins jolie que celle du dessus, avec ce truc qui groove un max, mais j'ai aimé en écouter le contenu et profiter de ces influences jazz, électro qui va bien, d'ailleurs l'intérêt de l'album va crescendo pour moi, devenant addictif au fil des titres qui s'écoulent...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 23 sept. 2021 04:33

nunu a écrit :
mar. 21 sept. 2021 13:09
Une nouveauté 2021 et un joyeux bordel, ils ont 18 dans le groupe :hehe:

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Faut reconnaitre que c'est du bizarre
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Il y avait un challenge à relever, nunu a mis la barre haute avec « un joyeux bordel à 18 dans le groupe », et bien voici encore plus fort : « Septober Energy » de Centipede, cinquante-cinq musiciens réunis, sans compter Robert Fripp qui a pourtant fait un gros boulot. Pour ce qui est du joyeux bordel, il est là aussi, surtout pour les progueux à l’époque, c’est-à-dire 1971, qui sont passés en partie à côté de cette œuvre atypique qui est restée, alors, assez incomprise.

Ça tient essentiellement au parti pris « free » qui déménage ici, lors de longues improvisations peu à même de séduire des oreilles aux habitudes plus structurées. Il y a également quelques passages, d’ailleurs excellents, avec des cordes, qui pouvaient éventuellement gêner, et même un solo de batterie en début de face trois. Pour résumer, constatons que malgré la kyrielle de grands noms de la musique prog, l’album sera plutôt classé du côté des bizarreries iconoclastes et anticonformistes, côté free, quoi. C’est ce passage un petit peu dans toutes les cases qui en fait, définitivement, un chef d’œuvre !

Le maître à jouir dans tout ça, le cœur battant de cette démesure orgiaque, c’est Keith Tippett. Il est également compositeur en même temps que Julie Tippett et directeur musical ici, et c’est Robert Fripp qui a produit l’album. Il est impossible de citer tous les musiciens ici, mais en voici quelques - uns : Robert Wyatt, Dudu Pukwana, Mark Charig, Maggie Nicols, Karl Jenkins, Elton Dean, Boz, Ian Carr, Mike Patto, Brian Godding, John Marshall, Harry Miller, Mongezy Feza, Alan Skidmore, Gary Windo, Nick Evans, Paul Rutherford... Que du lourd !

A la vérité c’est pas si bordélique que ça, avec une oreille d’aujourd’hui. Les extravagances qui ont pu effrayer il y a cinquante ans s’effacent derrière la beauté grandiose de cet ensemble merveilleux. Les chœurs sont splendides, les solos qui s’enchaînent, souvent rageurs et décapants, captent une formidable énergie rarement entendue. La synergie est réelle et la magie du nombre donne une impression de force et de puissance rarement égalée.

Une œuvre à écouter ou réécouter avec persévérance mais qui se livre sans effort…

Centipede - Septober Energy Part Two (1971)


Centipede - Septober Energy, Part 4 (Unite for Every Nation)


Centipede Septober Energy 1971 UK, Progressive Jazz Rock (full album)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 24 sept. 2021 04:51

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Toujours 1987 avec l’album qui a été primé cette année-là dans la catégorie "The Best French Jazz Album of 1987" de l'Académie Charles Cros, à savoir « La Note Bleue » de Barney Wilen. Ce dernier joue des saxophones ténor et soprano, Alain Jean-Marie est au piano, Philippe Petit à la guitare, Riccardo Del Fra à la contrebasse et Sangoma Everett à la batterie.

Cet album représente une sortie du désert pour Barney qui galérait salement ces années-là. C’est la découverte par hasard d’une BD qui racontait ses débuts en tant que musicien qui le motiva pour se lancer dans l’écriture de cet album. Il reprit une partie du titre de la Bd pour nommer son vinyle, « Barney et la note bleue ». La BD était signée Loustal, le dessinateur et Paringaux le célèbre rédacteur en chef et chroniqueur de Rock & Folk.

Je me souviens de Paringaux avec émotion, j’ouvrais toujours le journal en lisant prioritairement ses « Bricoles », un rendez-vous mensuel qui m’attacha au journal, jusqu’au jour où les bricoles furent balayées et disparurent définitivement des colonnes en même temps que Paringaux…

Revenons à notre sujet, le premier titre fait partie des standards qu’interprétait Barney à tous ses concerts, « Besame Mucho » est ici merveilleusement interprété, son jeu au saxo, coulant, vif, tendance « cool » comme il convient. Que ce soit au piano ou à la guitare les solistes sont d’exception, chaque fois qu’ils interviennent ils emportent tout, ce n’est pas pour rien que cet album relança la carrière de Barney !

Un autre standard est également interprété sur cette première face, le « Round’Bout Midnight » de Monk qui semble frais, comme neuf, entre les mains de ces interprètes qui transpirent le plaisir de jouer. Derrière chaque titre figure entre parenthèses le nom d’un chapitre de la BD, ainsi l’album devient la bande-son de l’ouvrage.

Pour ma part j’ai le vinyle d’époque sorti sur IDA, mais il existe des rééditions récentes vinyles ou Cds très complètes avec des goodies, la BD en anglais, des inédits etc…

Un incontournable de cette année-là…

No Problem (L'Habit de Lumiere ) BARNEY WILEN


Barney Wilen - Besame Mucho


Harlem Nocturne BARNEY WILEN


All Blues BARNEY WILEN

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » ven. 24 sept. 2021 11:22

Douglas a écrit :
ven. 24 sept. 2021 04:51
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Toujours 1987 avec l’album qui a été primé cette année-là dans la catégorie "The Best French Jazz Album of 1987" de l'Académie Charles Cros, à savoir « La Note Bleue » de Barney Wilen. Ce dernier joue des saxophones ténor et soprano, Alain Jean-Marie est au piano, Philippe Petit à la guitare, Riccardo Del Fra à la contrebasse et Sangoma Everett à la batterie.

Cet album représente une sortie du désert pour Barney qui galérait salement ces années-là. C’est la découverte par hasard d’une BD qui racontait ses débuts en tant que musicien qui le motiva pour se lancer dans l’écriture de cet album. Il reprit une partie du titre de la Bd pour nommer son vinyle, « Barney et la note bleue ». La BD était signée Loustal, le dessinateur et Paringaux le célèbre rédacteur en chef et chroniqueur de Rock & Folk.

Je me souviens de Paringaux avec émotion, j’ouvrais toujours le journal en lisant prioritairement ses « Bricoles », un rendez-vous mensuel qui m’attacha au journal, jusqu’au jour où les bricoles furent balayées et disparurent définitivement des colonnes en même temps que Paringaux…

Revenons à notre sujet, le premier titre fait partie des standards qu’interprétait Barney à tous ses concerts, « Besame Mucho » est ici merveilleusement interprété, son jeu au saxo, coulant, vif, tendance « cool » comme il convient. Que ce soit au piano ou à la guitare les solistes sont d’exception, chaque fois qu’ils interviennent ils emportent tout, ce n’est pas pour rien que cet album relança la carrière de Barney !

Un autre standard est également interprété sur cette première face, le « Round’Bout Midnight » de Monk qui semble frais, comme neuf, entre les mains de ces interprètes qui transpirent le plaisir de jouer. Derrière chaque titre figure entre parenthèses le nom d’un chapitre de la BD, ainsi l’album devient la bande-son de l’ouvrage.

Pour ma part j’ai le vinyle d’époque sorti sur IDA, mais il existe des rééditions récentes vinyles ou Cds très complètes avec des goodies, la BD en anglais, des inédits etc…
J'associe cet album à son époque, les 80's, où le jazz investissait jusqu'à la variété (Blues Trottoir...), il y avait une nostalgie en France du jazz et polar 50's, Mike Hammer, le saxophone, la déglingue, la dope qui ne dit pas son nom, l'alcool et la déréliction d'anti-héros épuisés par des batailles toutes perdues. Certes, c'est un peu "propre", sorte de "résumé" de l'imagerie véhiculée par ce courant musical lorsqu'il s'adressait à un plus grand nombre et non ses belles ou vaines errances et pérégrinations free, fusion et expé, mais cela constitue une belle porte d'entrée pour ceux qui restent devant le temple.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 24 sept. 2021 17:20

Bebeto a écrit :
ven. 24 sept. 2021 11:22
Douglas a écrit :
ven. 24 sept. 2021 04:51
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Toujours 1987 avec l’album qui a été primé cette année-là dans la catégorie "The Best French Jazz Album of 1987" de l'Académie Charles Cros, à savoir « La Note Bleue » de Barney Wilen. Ce dernier joue des saxophones ténor et soprano, Alain Jean-Marie est au piano, Philippe Petit à la guitare, Riccardo Del Fra à la contrebasse et Sangoma Everett à la batterie.

Cet album représente une sortie du désert pour Barney qui galérait salement ces années-là. C’est la découverte par hasard d’une BD qui racontait ses débuts en tant que musicien qui le motiva pour se lancer dans l’écriture de cet album. Il reprit une partie du titre de la Bd pour nommer son vinyle, « Barney et la note bleue ». La BD était signée Loustal, le dessinateur et Paringaux le célèbre rédacteur en chef et chroniqueur de Rock & Folk.

Je me souviens de Paringaux avec émotion, j’ouvrais toujours le journal en lisant prioritairement ses « Bricoles », un rendez-vous mensuel qui m’attacha au journal, jusqu’au jour où les bricoles furent balayées et disparurent définitivement des colonnes en même temps que Paringaux…

Revenons à notre sujet, le premier titre fait partie des standards qu’interprétait Barney à tous ses concerts, « Besame Mucho » est ici merveilleusement interprété, son jeu au saxo, coulant, vif, tendance « cool » comme il convient. Que ce soit au piano ou à la guitare les solistes sont d’exception, chaque fois qu’ils interviennent ils emportent tout, ce n’est pas pour rien que cet album relança la carrière de Barney !

Un autre standard est également interprété sur cette première face, le « Round’Bout Midnight » de Monk qui semble frais, comme neuf, entre les mains de ces interprètes qui transpirent le plaisir de jouer. Derrière chaque titre figure entre parenthèses le nom d’un chapitre de la BD, ainsi l’album devient la bande-son de l’ouvrage.

Pour ma part j’ai le vinyle d’époque sorti sur IDA, mais il existe des rééditions récentes vinyles ou Cds très complètes avec des goodies, la BD en anglais, des inédits etc…
J'associe cet album à son époque, les 80's, où le jazz investissait jusqu'à la variété (Blues Trottoir...), il y avait une nostalgie en France du jazz et polar 50's, Mike Hammer, le saxophone, la déglingue, la dope qui ne dit pas son nom, l'alcool et la déréliction d'anti-héros épuisés par des batailles toutes perdues. Certes, c'est un peu "propre", sorte de "résumé" de l'imagerie véhiculée par ce courant musical lorsqu'il s'adressait à un plus grand nombre et non ses belles ou vaines errances et pérégrinations free, fusion et expé, mais cela constitue une belle porte d'entrée pour ceux qui restent devant le temple.
Tes mots disent bien le choses et suggèrent également, la Bd, ce qu'elle montre, et aussi la musique qui se cache derrière, tellement fraîche ici, rare en vérité.
Une belle porte d'entrée comme tu le dis, mais aussi un passage dans lequel on revient et que l'on parcourt en battant du pied.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 25 sept. 2021 03:56

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Sun Ra- Reflections in Blue

L’arrivée de Sun Ra sur le label Italien lors de cet album sorti en 87 n’est pas vraiment une surprise, Black Saint s’est entièrement ouvert aux musiques les plus expérimentales, les plus audacieuses, enregistrant un grand nombre d’artistes à la marge de l’industrie, se créant une toute petite niche, dans laquelle nombre de musiciens, comme ceux de l’AACM (Association for the Advancement of Creative musicians), viendront enregistrer les témoignages de leurs avancées musicales. Non, la surprise (ou demi-surprise) c’est d’enregistrer sur ce label tourné vers l’innovation et l’avenir, un album de musique qui regarde plutôt vers l’esprit d’avant-guerre, avec quelques références au bop sur la seconde face, quand même.

Il faut dire que le vecteur de cet apparent paradoxe est tout de même Sun Ra, qui n’a, en matière de recherche sonore, de leçons à ne recevoir de personne, et, il se trouve que justement, pour ce qui est de la musique pré-bop, c’est aussi l’un des rares à n’avoir non plus de conseils à recevoir de qui que ce soit, ayant vécu cette période en tant que membre ou dirigeant, déjà à cette époque, d’un grand orchestre. On comprend qu’ici c’est l’esprit de Fletcher Henderson et de Duke Ellington qui s’élèvera des sillons.

Une fois cet aspect de l’enregistrement intégré, cet album est un pur bonheur. L’un des privilèges que l’on ressent à l’écoute de cette musique c’est de voir réunis, et c’est rare et peut-être unique, à la fois l’esprit de cette musique ancienne, sa structure formelle, la très haute qualité de sa restitution par un orchestre d’un niveau musical sans équivalent, avec la finesse d’enregistrement et la richesse technologique de la musique actuelle, y compris par l’ajout d’instruments et de sons tout à fait inconnus à l’époque. Il est probable que seul Sun Ra pouvait s’atteler à cette tâche, sans qu’il n’y ait d’anachronisme.
La pochette est belle, on y voit Sun Ra vêtu à la façon d’un mage avec une tunique figurant l’espace, la tête surmontée d’une coiffe improbable, la barbe rousse et surtout ce regard à la fois chaleureux et malicieux…

Bon, ça swing fort sur « State Street Chicago », derrière les solos de guitare, ténor puis trompette. Tout est en place au millimètre près. La sonorité du piano électrique de Sun Ra se marie à la perfection avec ces ambiances anciennes, la guitare style Django, les roulements de tambours un peu rétro, c’est sans doute là que s’est glissée la malice du sage…

Sun Ra continue son parcours nostalgique avec « Say It Isn't So », sur un tempo moyen, on y entend des figures pianistiques inspirées par Thelonious Monk et un phrasé bop pour les souffleurs, l’ensemble dans des arrangements typiques des années 50.

Le synthé de Sun Ra introduit la ballade de Jerome Kern « I Dream too much » avec un effet retro très emphatique, et, ma foi, bien à propos… Les vocaux ne sont pas attribués mais peut-être est-ce Sun Ra lui-même qui chante, lui qui d’habitude noie sa voix dans les chœurs.

« Reflections in Blue » est une reprise de l’un des premiers titres de Sun Ra que l’on retrouve sur Sound Of Joy de 57 ou Planet Earth de 58. Ici l’atmosphère est au bop tendance boogie, place à la danse, au rythme et à la joie de vivre !

Une plongée dans l’histoire du jazz exécutée de façon irréprochable, mais peut-être un peu juste pour figurer dans les dix de 87, quoi qu'il en soit la sélection s’annonce difficile, d'autant qu'il va falloir songer à envoyer !

Sun Ra - I Dream Too Much

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » sam. 25 sept. 2021 15:39

Tiens, intéressant cette facette de Sun Ra que je ne lui connaissais pas... Il fait son Louis A sur le titre écouté.

A l'approche des zones fraiches, je ressors quelques vinyles jazz, la musique pour réchauffer et ce Chet Baker tardif- Peace, '82), enregistré aux Vanguard studios, la Grande Pomme, et sorti chez les allemands enja qui ont à leur actif quelques pépites (Douglas, faudrait s'y pencher sérieusement non ?), c'est l'édition que je possède. Superbe couvrante d'ailleurs et pressage merveilleux.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 25 sept. 2021 18:09

Bebeto a écrit :
sam. 25 sept. 2021 15:39
Tiens, intéressant cette facette de Sun Ra que je ne lui connaissais pas... Il fait son Louis A sur le titre écouté.

A l'approche des zones fraiches, je ressors quelques vinyles jazz, la musique pour réchauffer et ce Chet Baker tardif- Peace, '82), enregistré aux Vanguard studios, la Grande Pomme, et sorti chez les allemands enja qui ont à leur actif quelques pépites (Douglas, faudrait s'y pencher sérieusement non ?), c'est l'édition que je possède. Superbe couvrante d'ailleurs et pressage merveilleux.
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Je l'ai cet album mais je ne l'ai pas encore sorti des rayons, j'ai commencé un peu à parler de Chet Baker sur la page précédente et je suis loin d'avoir épuisé ce que j'ai à en dire, notamment à propos des albums que j'aime le plus, ou de ceux dont j'ai envie de parler. Pareil pour les quatre chapitres de Gato Barbieri qu'il me faut terminer. Je me suis laissé distraire par les albums de 87, mais j'ai été heureux de les réécouter, j'en ai sans doute oublié mais j'en oublie à chaque fois...
il y a aussi les nouveautés que j'ai mis un peu de côté, mais c'est pas grave ... Il y a également cet album issu de Free Jazz Manifesto, tellement dantesque que je n'arrive pas à m'y mettre, paralysé que je suis, une grande Dame y est à l’œuvre ! Bref je ne manque pas d'écoute en perspective...
:baillezzz:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 25 sept. 2021 18:20

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Voici « All Blues » signé du duo Rachel Gould et Chet Baker, un album qui peut se ranger parmi les plus belles réussites du trompettiste, à tel point qu’il me semble en connaître par cœur chaque morceau, chaque souffle, chaque solo, tout me revient d’un coup et me plonge dans une émotion particulière à son écoute.

Elle chante et il souffle, et puis il y a John Paul Florens à la guitare et son frère Henry Florens au piano, Jim Richardson à la basse et Tony Mann à la batterie. Des reprises essentiellement, Chet est plus connu pour être un interprète très sensible plutôt qu’un créateur de thèmes, mais la dernière pièce, « Phil’s Bossa » est à mettre au crédit du guitariste de la session.

L’album s’ouvre avec la reprise d’« All Blues » de Miles Davis, la voix de Rachel Gould y fait merveille, plus « roots » que Chet tout en restant fidèle à l’interprétation d’origine. Ensuite voici venir une interprétation extraordinaire de « My Funny valentine », mainte fois interprété par Chet qui dévoile ici toute sa sensibilité de trompettiste, l’émotion prenant source directement dans son souffle, à fleur de peau.

La troisième piste qui clôt la face est un peu plus vive, une reprise de Deodato, « Bangles, Bangles and Beads » dont le thème est chanté par Rachel Gould avant que ne se succèdent les solos, Henri Florens, puis Chet avant que Rachel ne revienne, un chouette titre qui balance comme il faut.

Sur la seconde face deux thèmes de Thélonious Monk se succèdent, « Straignt No Chaser » et « Round Midnight », le premier au tempo très rapide est superbement restitué, on y entend la voix de Rachel mais également celle de Chet qui « scat » en improvisant. Sur « Round Midnight » c’est Chet qui chante et fredonne accompagné par la basse et la guitare, moments privilégiés qui combleront les amateurs, troisième grand moment de cet album.

Vient ensuite une reprise de Cole Porter « I’ve Got You Under My Skin » un nouveau standard qui s’écoule, magnifique et enlevé entre les mains de ce sextet d’orfèvres. Et pour finir, comme annoncé voici la pièce du guitariste John Paul Florens, « Phil’s Bossa » qui donne sa dernière touche à l’album, directement branché côté Brésil avec la voix de Rachel qui suit les notes de la guitare soliste, lors du thème.

C’est le second album des frères Florens avec Chet Baker, ils sont de nationalité belge si je me souviens bien, nous les retrouverons donc bientôt aux côtés de Chet…

Rachel Gould & Chet Baker - All Blues (1979)

00:00 All Blues
05:42 My Funny Valentine
11:21 Bangles Bangles And Beads
18:21 Straight No Chaser
22:22 Round Midnight
27:32 I've Got You Under My Skin
32:37 Phil's Bossa


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » sam. 25 sept. 2021 21:31

Je ne connais pas ce disque avec Rachel, vais écouter ça...
Et j'avais oublié, j'ai enchainé mon écoute avec Diane, Chet et Paul Bley, enregistré aux studios Sound Track à Copenhagen en '85). Distribué par Harmonia Mundi, à l'époque. Ils avaient collaboré en '55), s'étaient retrouvé à Juan-les-Pins en '83) avant ce disque.
"When i play, i try to use a minimum of air." Voici ce qui peut constituer une sorte d'art poétique de Baker.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par vox populi » sam. 25 sept. 2021 21:38

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Les disques de pianos solo de ECM, j'aime presque toujours
Celui ci marque un tournant pour Corea dont j'ai entendu un ou deux albums autrement plus expérimentaux

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 26 sept. 2021 09:03

Bebeto a écrit :
sam. 25 sept. 2021 21:31
Je ne connais pas ce disque avec Rachel, vais écouter ça...
Et j'avais oublié, j'ai enchainé mon écoute avec Diane, Chet et Paul Bley, enregistré aux studios Sound Track à Copenhagen en '85). Distribué par Harmonia Mundi, à l'époque. Ils avaient collaboré en '55), s'étaient retrouvé à Juan-les-Pins en '83) avant ce disque.
"When i play, i try to use a minimum of air." Voici ce qui peut constituer une sorte d'art poétique de Baker.
Très bel album en effet, je trouve ta formule "une sorte d'art poétique" tout à fait adéquate.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 26 sept. 2021 09:08

vox populi a écrit :
sam. 25 sept. 2021 21:38
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Les disques de pianos solo de ECM, j'aime presque toujours
Celui ci marque un tournant pour Corea dont j'ai entendu un ou deux albums autrement plus expérimentaux
Celui-ci je ne le connais pas, je n'aime pas tout de ce pianiste surdoué, mais il a un don pour les beaux thèmes et parfois pour les facilités, il est vraiment capable du meilleur, il l'a souvent prouvé!

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