J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 27 mars 2021 07:05

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Toujours à Chicago, mais rien à voir. Ça s’est passé en décembre 2018 au « Hungry Brain » et c’est sorti en mai vingt-vingt. Que des pointures, Joe McPhee au sax ténor et trompette de poche, Dave Rempis aux saxs alto, ténor et baryton, Tomeka Reid au violoncelle, Brandon Lopez à la basse et Paal Nilssen-Love à la batterie.

Ça s’appelle « Of Things Beyond Thule Vol. 2 », il y a bien eu un vol.1 en vinyle avec des extraits du même concert sorti un peu plus tôt dans la même période, mais je ne l’ai pas écouté. Le vol.2 est en Cd, il frôle l’heure et le prix est raisonnable. Ce qui compte dans le titre c’est le dernier mot : « Thulé », là où vivent les Inughuit. C’est très haut sur la carte, il faut chercher dans le nord du Groenland, sous souveraineté danoise, semble-t-il.

Du froid comme thème donc, de l’éloignement, de la séparation et de la solitude. Tout ce que n’est pas ce groupe fait d’amitié et d’amis d’ami. C’est comme ça qu’ils se sont formés, comme on dit parfois : « les amis de mes amis sont devenus mes amis », et c’est ainsi que tout se déroula. Je vous épargne l’ordre des rencontres et l’historique des compagnonnages, après tout, seuls les fruits de ces rencontres sont importants.

Les vieux et les jeunes qui sont là démarrent l’affaire avec beaucoup de calme et de tranquillité, on s’écoute, on se parle, on échange avec respect, on dégrossit les formes, creuse avec des arrondis, ponce et caresse, c’est doux au toucher. Petit à petit l’œuvre se bâtit ainsi, en touches délicates et appropriées, on improvise en cherchant la grâce et la beauté, la bonne courbure qui sied à la voute étoilée. Plein de grâce partout sur « Osel » et « Kaali », de la beauté en grappe, en fût et en bouteille.

Avec « Smola » le temps d’une dizaine de minutes, tout change et s’échauffe, sous l’impulsion de Paal Nielsen-Love qui frappe ses tambours et réveille la maisonnée, conquérant. Un explosion d’excellente tenue organisée par les grands maîtres qui, ici, fusionnent.

Avec « Hekla » retour au calme, à la sérénité, à l’étirement des sons, sous-couches et couches se superposent, s’étalent et se couvrent, puis se recouvrent encore et encore chacun y met sa note, son timbre, sa couleur, jusqu’au bout du soufle, quand il s’éteint, après avoir perdu toute épaisseur, puis revient, et les cliquetis des baguettes sur la matière, qui ponctuent et encore et encore…

Un bien beau disque qui passe tellement vite !


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Piranha
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » sam. 27 mars 2021 16:43

Allez un peu de douceur en ces temps compliqués.
Moins exigeant sûrement que les propositions des pages précédentes, mais on peut trouver quelques pépites en smooth jazz comme cet enchaînement Catherine / Dance with me sur la face 2

Voici EARL KLUGH et son 3ème album "Finger paintings" (Blue Note 1977)

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Soul jazz, smooth, fusion., Bob James, George Benson, Chet Baker... sont les influences du guitariste

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 28 mars 2021 05:13

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Tony Hymas a des airs d’artiste maison au sein du label Nato créé et animé par Jean Rochard. Il a été vu y’a quelques temps aux côtés de Michel Portal à l’époque où il y avait encore droit de concert. Tony est un très grand, d’ailleurs il s’affiche en égal aux côtés de l’un des derniers dinosaures du jazz, Sam Rivers.

Cette affaire n’est pas récente, elle est plutôt fin de siècle, mais le temps se moque bien de l’actualité au jour le jour, et on n’a pas fini de faire le tour de toutes ces merveilles accumulées au fil des décennies que l’on découvre et redécouvre sans cesse. Celui-ci pourrait tout aussi bien être sorti aujourd’hui, l’âge glisse et même bonifie quand la qualité est là.

C’est la troisième rencontre entre Tony Hymas et Sam Rivers, « Configuration » avec Jacques Thollot, Noël Akchote et Paul Rogers avait ouvert la voie, puis le duo s’est confirmé sur « Eight Day Journal » dans une structure avec cuivres et cordes, puis se perpétue en 1999 avec cet album en un vrai duo, dont il existe un témoignage audio-visuel sous la forme d’un documentaire « Quatre jours à Occoe » de Pascale Ferran, qui nous montre que chaque pas de l’un vers l’autre est difficile et nécessaire pour atteindre l’objectif commun.

Bien au-delà des genres, ou d’un post-bop convenu, cet album est avant tout celui d’une rencontre, et même d’une sorte de communion artistique entre deux géants partageant un même désir de création. Ici tout est bon, les mélodies habiles, le lyrisme tendu, l’envolée free, la captation chaleureuse de l’amitié, celui qui porte et montre des voies possibles, celui qui s’envole libre et fou, qui sait bien qu’un petit coup d’aile suffira pour qu’il trouve une branche où se poser.

Ici l’émotion est première, elle naît de l’échange, de la confiance aveugle, un amoureux artistique qui s’exprime avec candeur, grâce et beauté. De l’innocence et de l’abandon, du risque et de l’audace, une volonté commune d’avancer, encore et encore, et plus loin, encore. Il faut pousser les lois, désobéir aux règles, se serrer les coudes et prolonger le son, oser la discordance, la cultiver et faire émerger une musique plus belle encore…

Sam Rivers & Tony Hymas - Jennifer


Sam Rivers & Tony Hymas - Rapture

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 29 mars 2021 05:36

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Un album qui se classe côté « free jazz » qui vient tout droit de l’underground made in France. Le groupe « Perception » né de la volonté de Didier Levallet a sorti trois albums entre 1971 et 1973. Le tout premier, éponyme, fait le plaisir des collectionneurs dans sa version Futura, heureusement les rééditions le met à la portée des amateurs.

Mais pour l’heure c’est un autre enregistrement qui m’intéresse, surgi du passé, il a été pour la première fois édité par le Souffle Continu en octobre 2019, qui plus est sous la forme d’un Cd, ce qui est inédit chez notre souffleur. On peut penser que c’est la durée de l’enregistrement capté live au Stadium qui a motivé ce choix pertinent, cinquante-cinq minutes auraient nécessité un double LP et un coût élevé, ou bien alors il aurait fallu sélectionner des pistes et en éliminer d’autres. Le Cd, économique en espace et en prix, est incontestablement le meilleur choix. Le collectionneur un peu fétichiste sera ravi de constater que le célèbre « obi » est bien présent !

Côté formation le groupe a peu bougé depuis sa création, c’est ici le dernier concert de Perception, nous sommes en effet en juin 77. Jeff Seffer aka Yochk'O Seffer ou József Seffer est à la clarinette basse, aux saxs soprano, sopranino ou ténor. Le versatile Siegfried Kessler est au piano et au piano électrique, Didier Levallet à la basse et, nouveauté, c’est Jacques Thollot qui tient la batterie.

Précisons de suite que le son est plutôt bon, une bonne surprise en fait, même si, côté rythmique, c’est parfois un peu en retrait, quand ça s’énerve un peu. Les pièces se développent bien, je ne suis pas sûr qu’ici figure l’intégralité du concert, c’est l’articulation qui me fait dire ça, mais c’est peut-être une bourde de ma part, en tout cas le meilleur est bien là. Ce concert est dédié à Michel Salou qui collaborait au label Saravah.

C’est toujours un peu délicat de parler d’un enregistrement car la musique en elle-même « dit » ce qu’elle a à dire, mais je peux vous restituer mon ressenti qui est vraiment très favorable. De très grands musiciens ici, investis à fond dans la création musicale, l’album est dense sans une seconde de faiblesse, Thollot est un poète et il balance bien avec le lyrisme de Sheffer, toujours extraordinaire à écouter.

Siegfried est un feu follet, ici on sent qu’il se sent bien et ça envoie comme il faut, brillant comme une star, il sait qu’il y a Shepp dans les coulisses qui attend son tour pour monter sur scène. Didier Levallet est l’ordonnancier en maître, celui qui tient la maison et permet que le rêve soit possible.

Cet album est certainement l’un des témoignages les plus crédibles en matière de free français et ce quatuor est l’un des meilleurs dans le genre.



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Message par Douglas » mar. 30 mars 2021 06:45

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Voici un coffret très attendu par les amateurs de Julius Hemphill « The Boyé Multi-National Crusade for Harmony » un gros pavé de 7 cds gorgés de bon son. C’est le label New-Yorkais « New World Records » qui s’est trouvé en charge de la réalisation. Les cds sont rangés chacun dans une petite pochette cartonnée en compagnie d’un assez gros livret, bien protégés par la Box en carton épais.

Elle attend devant moi depuis plus de quinze jours, patiemment, comme un défi à mon écriture quotidienne, il faut dire que les cds sont bien pleins, entre soixante et une et soixante-quinze minutes. Voici comment le programme se présente, je vais devoir m’y consacrer en plusieurs étapes :

Disc 1: The Boyé Multi-National Crusade for Harmony I [74:20]
Disc 2: The Julius Hemphill/Abdul Wadud Duo [60:51]
Disc 3: The Janus Company [73:47]
Disc 4: Chamber Music [63:32]
Disc 5: Roi Boyé Solo and Text [75:01]
Disc 6: The Boyé Multi-National Crusade for Harmony II [65:07]
Disc 7: Live At Joyous Lake [66:44]

C’est le saxophoniste et ami de Julius, « Marty Ehrlich » qui a fouillé dans les archives du saxophoniste pour extraire la matière sonore de cette sélection.

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Le premier cd s’ouvre à Toulouse le 6 décembre 1980 avec le quartet de Julius à l’alto et au ténor, Olu Dara à la trompette, Abdul Wadud au violoncelle et Warren Smith à la batterie. On entend un très léger souffle lointain qui disparaît très vite quand on plonge dans la musique. Pas loin de cinquante minutes s’écoulent dans la ville rose. C’est l’époque de l’enregistrement, avec la même formation, de « Flat-Out Jump Suite » à Milan, sur Bkack Saint records, le label Italien.

Des improvisations donc, on connaît le jeu d’Abdul Wadud au violoncelle, tout en couleur, pointillisme et nuances délicates. Il aime jouer avec les silences, en soliste, le soutien rythmique n’est que lointain, en accord avec le jeu de Warren Smith à la batterie lui aussi très coloriste, dessinant des espaces en se libérant du simple tempo. Olu Dara et Julius Hemphill se glissent dans ce cadre très aéré pour distiller des solos pleins de sérénité sur les deux premières pièces et très enlevés sur « At Harmony » qui éclate de tous ses feux, un concert qui laissera de bons souvenirs aux personnes présentes.

La pièce suivante date de novembre 79 et a été enregistrée à Washington DC, Julius est entouré de Baikida Carroll à la trompette, Jehri Riley à la guitare et Philip Wilson à la batterie, ils interprètent « Air Rings », un très chouette morceau très aérien, comme le suggère le titre, où Carroll et Riley assurent merveilleusement bien. Vraiment superbe !

La dernière pièce « Dimples: Fat Lady On Parade » est enregistrée en quintet à Los Angeles avec Jon Carter à la clarinette qui s’illustre en trouvant une petite place entre les deux autres souffleurs, une pièce improvisée très lyrique où un dialogue fécond s’instaure.

At Harmony


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Le second Cd est entièrement consacré au duo Julius Hemphill et Abdul Wadud sur leurs instruments respectifs. Il n’y a aucune indication de lieu ou de date, par contre la qualité sonore est absolument parfaite cette fois-ci pendant la plus grande partie de l’album, un léger souffle vers la fin, six titres sont joués et le niveau de qualité monte en même temps que la définition sonore.
Difficile de ne pas se sentir embarqué dès les premières notes. Je vous avais déjà présenté le duo sur l’album « Live in New York » de 1978 en page 61 et j’avais été impressionné, bon rien ne change ici, une complémentarité extraordinaire pour un nouveau répertoire encore plus dense. Un album remarquable.

Julius Hemphill: Rhapsody


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Le troisième album est consacré à « The Janus Company », c’est-à-dire à Julius Hemphill, Baikida Carroll et Alex Cline à la batterie. Les deux premiers titres sont enregistrés au studio 28, à New York en décembre soixante-dix-sept. « Opener » qui ouvre l’album est un titre néo-bop d’une exceptionnelle virtuosité, sur-vitaminé, il éclate de toute sa classe. Le second thème « #4 » est plus ouvert et en grande partie improvisée, les vents se croisent tandis qu’Alex Cline commente, souligne et ponctue, en batteur de son temps.

Le troisième thème est entièrement improvisé pendant près de vingt minutes, c’est un extrait de concert provenant de Berkeley, toujours la même année. Les deux derniers titres proviennent du « Foxhole » de Philadelphie. Le trio se renforce avec la présence d’Abdul Wadud, le quatrième titre prend le nom de « Collective Improvisation », tout un programme qui s’étend sur plus de vingt-six minutes de pur free délectable et insoumis, Baikida Carroll est géant à la trompette et Julius incendiaire, Abdul n’est pas le dernier à attiser la braise. L’album se termine sur l’excellent « Dogon A.D. »

#4


Opener


Dogon A.D.

(à suivre)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 31 mars 2021 06:20

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Un album de l’année dernière, celle-ci n’en finit pas de révéler ses trésors. Jac Berrocal, trompettiste, chanteur, acteur et performeur a d’abord été une figure de l’underground français, un personnage un peu dandy, un peu culte qui se balade de projets en projets, souvent décalé et souvent génial aussi.

Le temps passe et sa rencontre avec David Fenech marque une étape musicale importante. Sans être pourvoyeuse d’une énorme quantité d’albums elle est cependant remarquable par la qualité des enregistrements, le premier d’entre eux « Supergroupe » date de 2011 avec Ghédalia Tazartès en troisième compère. Puis, en 2015, sort « Antigravity » avec également Vincent Epplay qui complète le trio, puis « Ice Exposure » sort en 2019 et voici enfin « Exterior Lux » sorti donc en 2020 en Cd et le mois dernier en vinyle, avec, toujours ce même trio.

Sur cet album David Fenech joue toutes sortes de guitares, basses, électriques ou électroniques, et même préparées, il chante un peu et joue des percussions, il manipule l’électro également. Comme ses compères c’est un maître improvisateur, on pourrait ajouter forcément, car cela va de soi. D’ailleurs toutes les compos sont signées du trio.

Le dernier venu n’est pas le premier venu, c’est Vincent Epplay, il aime les synthés, l’électro, le sampling et jouer des « effets », aller enregistrer des sons dans la nature et les utiliser. Il y a également des invités sur la seconde face qui viennent le temps d’un morceau, Sayoko Papillon ou Guy Harries qui flûte.

Cet album est parfaitement dans la lignée des précédents, ce qui est très bon signe, onze pièces qui s’accrochent comme des chansons ou plutôt comme des ambiances qui se succèdent, ou des climats qui s’articulent l’un à l’autre. Parfois c’est rythmé, d’autres fois ça plane, toujours en quête de nouveaux univers, c’est souvent très répétitif, hypnotique, des motifs qui se répètent et crée un rythme, une respiration, des chants, solos ou mélodies se greffent au-dessus puis s’en vont…

Et puis il y a « Fuis Le Feu » qui figure une sorte de western apocalyptique et crépusculaire et, à la toute fin de l’album « Je me suis endormi », sur un texte de Jean Vasca, qui termine l’album et nous offre une ballade glauque qui parle de mort et de pendu, très dans l’esprit « covid » qui nous hante aussi…

EXTERIOR LUX : JAC BERROCAL- DAVID FENECH - VINCENT EPPLAY


Solaris


Jac Berrocal, David Fenech, Vincent Epplay - Fuis Le Feu (Video)


Jac Berrocal + David Fenech + Vincent Epplay - Ice Exposure


Je Me Suis Endormi

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 1 avr. 2021 02:09

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Vers la fin des années quatre-vingts Julius Hemphill a été invité à composer pour des interprètes de la musique dite classique, ce qui lui donna l’opportunité d’écrire une œuvre pour piano, « Parchment » en 88, interprétée par Ursula Oppens, ainsi qu’une œuvre pour quartet à cordes en trois parties « Mingus Gold », la même année, commissionnée par le Kronos Quartet et interprétée ici par le Daedalus String Quartet.

JULIUS HEMPHILL: Better Get Hit in Your Soul


Mingus Gold: Nostalgia in Times Square


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Tout cela figure sur le volume 4, fort opportunément appelé « Chamber Music ». Les deux morceaux qui terminent l’album datent de 81 et n’ont pas de titre, d’où l’appellation « Unknow Title ». C’est Julius qui conduit la formation formée d’anches et de cuivres, on y reconnaît John Purcell, Marty Ehrlich, Janet Grice, Bruce Purse et Ray Anderson.

Unknown Title No. 1


On baigne dans une atmosphère très musique contemporaine avec hautbois, basson et tuba pour les couleurs les plus exotiques et différents saxophones et clarinettes, trombone et trompette pour les plus usités. Même si des surprises sont au rendez-vous ces deux longues pièces ne sont pas sans intérêt, particulièrement quand l’interprétation gagne en expressivité au fur et à mesure de l’avancée dans la très longue première pièce. La seconde organise un travail sur les timbres et l’intensité, l’interprétation y est très technique avec une approche qui convient bien aux musiciens de jazz.

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Le cinquième volume du coffret se nomme donc « Roi Boyé Solo And Text ». On y trouve principalement Julius Hemphill en solo dans différents contextes. Tout d’abord une simple pièce, « Trills », un solo d’environ cinq minutes au soprano. Puis une suite en huit mouvements « Unfiltered Dreams » où Julius joue de la flûte, du sax alto et soprano. Il accompagne un récitant K. Curtis, poète, qui clame ses vers. L’œuvre est importante, elle dépasse les quarante et une minutes, ces deux-là se connaissent bien et entretiennent une amitié depuis la fin des années soixante. On retient la ferveur très particulière qui parcourt la suite, les accents gospel qui élèvent la déclamation et la haute tenue de l’ensemble.

Unfiltered Dreams: Change My Clothes


Unfiltered Dreams: Wade in the Water


Unfiltered Dreams: Rapture Is the Rupture We Are Looking for


L’album se poursuit avec une autre suite « Soweto 1976 : A suite in Five Voices » qui marque une collaboration entre Julius Hemphill et Malinké Elliott. Ce dernier est à la fois acteur et dramaturge, il est également directeur du « Black Artists Group’s Theater Program. Ici il est le récitant. La suite est également traversée par des percussions.

Soweto 1976: A Suite in Five Voices, Part III: The Hipster


L’album se termine sur un dernier solo de saxophone soprano accompagné d’enregistrements de cloches. Globalement un volume qui balance entre austérité et recueillement. Sans doute que le vol.4 et le vol.5 sont les deux moins faciles d'accès.

Solo Soprano Saxophone with “Bells” recording

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Leutte » jeu. 1 avr. 2021 21:59

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Man Bites Dog Eats Amsterdam Klezmer Band (2004)

Un album que je trouve tout simplement génial. On navigue entre Klezmer, "Spoken Word" et Jazz Fusion. Je le mets ici .. Pourquoi pas?
Cet album a la particularité d'être l’œuvre collaborative de 2 groupes hollandais. Et c'est cette collaboration qui donne cette saveur si particulière à cet Opus. Grâce au Trio Man Bites Dog(Clarinette/Guitare électrique/Batterie), La musique sort du cadre traditionnel(planplan?) Klezmer propre à l'Amsterdam Klezmer Band. Le chant féminin sur le quatrième titre( sur 7), Balagué me transperce le cœur à tous les coups.
Je ne sais pas si il trouvera des amateurs ici, mais pour moi il sonne aujourd'hui comme une évidence. De ces albums qui ne cessent de se bonifier au fil des écoutes et des années.
Balagué et sa coloration ethio Jazz:
Pas trouvé d'autres liens YT de l'album. Après il reste myzuka ..

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 2 avr. 2021 05:54

Leutte a écrit :
jeu. 1 avr. 2021 21:59
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Man Bites Dog Eats Amsterdam Klezmer Band (2004)

Un album que je trouve tout simplement génial. On navigue entre Klezmer, "Spoken Word" et Jazz Fusion. Je le mets ici .. Pourquoi pas?
Cet album a la particularité d'être l’œuvre collaborative de 2 groupes hollandais. Et c'est cette collaboration qui donne cette saveur si particulière à cet Opus. Grâce au Trio Man Bites Dog(Clarinette/Guitare électrique/Batterie), La musique sort du cadre traditionnel(planplan?) Klezmer propre à l'Amsterdam Klezmer Band. Le chant féminin sur le quatrième titre( sur 7), Balagué me transperce le cœur à tous les coups.
Je ne sais pas si il trouvera des amateurs ici, mais pour moi il sonne aujourd'hui comme une évidence. De ces albums qui ne cessent de se bonifier au fil des écoutes et des années.
Balagué et sa coloration ethio Jazz:
Pas trouvé d'autres liens YT de l'album. Après il reste myzuka ..
Excellent lien, c'est tout ce que j'aime, je te rejoins sur l'Amsterdam Klezmer Band qui est un peu "plan", mais l'apport de la voix est exceptionnel. Je ne sais pas si tu connais cette chanteuse d'ethio jazz auquel ton lien me fait irrésistiblement penser: Eténèsh Wassié, dont voici le lien discogs avec les trois albums auxquels elle a participé:

https://www.discogs.com/fr/artist/16368 ... assi%C3%A9

Sur "Zèraf!" elle ne chante pas sur tous les titres, mais ça devrait te plaire, " Belo Belo" c'est mon chouchou de cœur et le troisième "yene Alem" est également excellent.

Eténèsh Wassié & Mathieu Sourisseau - Ende Matew Style



Mathieu Sourisseau joue de la guitare basse acoustique.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 2 avr. 2021 06:14

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Voici un album qui a plus à voir avec le folk ou la musique expérimentale qu’avec le jazz, mais il me semble qu’il entre dans la catégorie des albums faisant place à l’improvisation, alors je me lance. Pourtant c’est pas facile, hormis la pochette, « Tanz Mein Herz », du nom du groupe, il n’y a, sur le vinyle ou la pochette, aucune indication, sinon celle des titres, du nom de l’album et des musiciens sur les labels.

Go to discogs ! Le nom de l’album : « Dosses ». Les musiciens : Alexis Degrenier à la vieille à roue, Ernest Bergez au violon et à la batterie, Guilhem Lacroux & Pierre Bujeau aux guitares électriques, Jeremie Sauvage à la basse électrique, Mathieu Tilly à l’électro et à la batterie et Pierre Vincent Fortunier à la cornemuse. Les gars qui sont là n’ont rien de débutants ce sont tous des musiciens confirmés, j’en avais écouté certains sur un album de « La Baracande », que je recommande également, dans un style très proche.

A l’énoncé des instruments on peut déjà avoir une idée de ce qui nous attend, un bourdon omniprésent sur les deux titres placés chacun sur une face. Une vibration monocorde organisée par la vieille à roue et la cornemuse autour desquelles tout s’agence, s’organise et tourne. Ce drone est puissant, pour peu que vous montiez le volume il vous enveloppe en entier, vous « prend » et va vous emmener jusqu’à la fin de la piste, en vous enivrant au passage, c’est notre transe à nous, celle des temps passés qui prend à nouveau racine …

Sur bandcamp il est dit que l’enregistrement date de 2015 bien qu’il soit paru en 2019. Il y a une certaine difficulté à se procurer les albums, preuve qu’ils trouvent un écho et qu’il existe un public pour ce style de musique, pour ce qui me concerne, j’avoue en faire partie.

Tanz Mein Herz - Spiegel Jam


L'autre titre ici:

https://shop.mentalgroove.ch/album/dosses

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 3 avr. 2021 03:38

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Le volume six marque le retour vers « The Boyé Multi-National Crusade For Harmony ». Il débute avec deux enregistrements live de décembre 83 à New York. C’est le trio de Julius qui est à l’œuvre, ce dernier joue de l’alto, Abdul Wadud est au violoncelle et Michael Carvin à la batterie. Un très bon premier titre « K.C. Line », puis une version lente et intériorisée de « Testament #5 » où la douleur perce.

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K.C. Line


Testament #5


C’est à une date inconnue que s’est déroulée la captation sonore de la « Song Suite » en huit mouvements très courts, Julius joue de l’alto, du soprano et de la flûte, il est en duo avec Jérome Harris qui joue de la basse électrique. La prise de son est un peu éloignée et le son est assez caverneux, mais Julius est très inspiré par ces petites scénettes qui défilent bien vite.

Song Suite: Mailika


Ensuite on retrouve un quartet avec notre leader à l’alto, Jack Wilkins à la guitare, Jérome Harris à la basse et Michael Carvin à la batterie. Deux pièces enregistrées au « Lush Life Club » de New York en octobre 82, avec une qualité sonore retrouvée. Une première pièce de quinze minutes « Pigskin » d’excellente facture sur une structure post-bop vive et dynamique, avec une très bonne guitare. Puis arrive « For Billie », un hommage à Billie Holiday sur un tempo plus lent, une jolie ballade pleine de tendresse dans une ambiance club préservée…

Pigskin


For Billie (for Billie Holiday)


Pour la dernière pièce « One/Waltz/Time » voici « The Jah Band » avec Nels Cline et Alan Jaffe à la guitare, Steuart Liebig à la basse électrique et Alex Cline à La batterie. Le morceau est issu de la tournée européenne de 86 sans qu’on en sache plus sur la localisation exacte. Un chouette morceau avec de belles guitares encore et un superbe solo de Julius, très en verve.

One/Waltz/Time+


Le septième et dernier volume termine le coffret sur une excellente note. Il s’agit de l’enregistrement d’un concert de décembre 1979 au « Joyous Lake » à Woodstock. C’est toujours sous le nom de « The Boyé Multi-National Crusade For Harmony » que se rassemble un fabuleux quartet composé de Julius et de son alto avec l’historique Baikida Carroll à la trompette, Dave Holland à la basse et Jack De Johnette à la batterie et au mélodica.

Image

C’est Baikida qui a laissé traîner son magnétophone pour enregistrer ce concert. C’est un peu une réunion entre voisins en fait car aucun des musiciens présents n’habitait très loin à l’époque.

Quatre titres seulement, mais très étalés dans le temps, le titre d’ouverture « Mirrors » dépasse les vingt-sept minutes. Le morceau signé de Julius est une suite de codas, de poursuites et de solos, c’est très chaud, intense, l’enregistrement est suffisamment précis pour que chaque instrument soit très audible, ici rien ne m’ennuie, ni le solo de basse, ni celui de batterie, à l’inverse c’est très impressionnant !

Mirrors


« Dung » qui dépasse les vingt- quatre minutes prend le relais, on retrouve la cohésion sans faille de cette incroyable rythmique qui, parfois, n’en a plus que le nom, s’échappant du strict tempo et ne le marquant qu’à l’occasion, pourtant le balancement est là, impeccable, Dave Holland est celui autour de qui tout gravite, tout tourne et tout tombe, comme dans une constellation.

Julius est à l’ouvrage, élevé par ce duo magnifique il plane et souffle sans interruption, poussé par la machine qui s’affole, Jack De Johnette ne lui laisse aucun répit, s’en sortira-t-il indemne ? A la onzième minute Baïkida Carroll le rejoint puis prend le relais, on lui offre un tempo régulier, un truc solide sur lequel il peut asseoir les bases, enfin pendant deux minutes, parce qu’après le trompettiste s’affole et c’est lui qui tire l’ensemble… La suite prouva, à ceux qui l’ignoraient, que Dave Holland, à la basse, est tout simplement l’un des plus grands.

Dung


Après la présentation des musiciens voici venu l’heure de clore ce coffret, 7 Cds bien pleins avec des hauts très hauts, c’est « Would Boogie » qui sera la dernière œuvre jouée ici, puis un petit « au revoir », après huit heures d’écoute intense passées en compagnie de Julius Hemphill qui nous quitta en quatre-vingt-quinze à l’âge de cinquante-sept ans, nous laissant une œuvre passionnante à découvrir et à re-découvrir…

Would Boogie

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » sam. 3 avr. 2021 05:44

Douglas a écrit :
ven. 2 avr. 2021 06:14
Image

Voici un album qui a plus à voir avec le folk ou la musique expérimentale qu’avec le jazz, mais il me semble qu’il entre dans la catégorie des albums faisant place à l’improvisation, alors je me lance. Pourtant c’est pas facile, hormis la pochette, « Tanz Mein Herz », du nom du groupe, il n’y a, sur le vinyle ou la pochette, aucune indication, sinon celle des titres, du nom de l’album et des musiciens sur les labels.

Go to discogs ! Le nom de l’album : « Dosses ». Les musiciens : Alexis Degrenier à la vieille à roue, Ernest Bergez au violon et à la batterie, Guilhem Lacroux & Pierre Bujeau aux guitares électriques, Jeremie Sauvage à la basse électrique, Mathieu Tilly à l’électro et à la batterie et Pierre Vincent Fortunier à la cornemuse. Les gars qui sont là n’ont rien de débutants ce sont tous des musiciens confirmés, j’en avais écouté certains sur un album de « La Baracande », que je recommande également, dans un style très proche.

A l’énoncé des instruments on peut déjà avoir une idée de ce qui nous attend, un bourdon omniprésent sur les deux titres placés chacun sur une face. Une vibration monocorde organisée par la vieille à roue et la cornemuse autour desquelles tout s’agence, s’organise et tourne. Ce drone est puissant, pour peu que vous montiez le volume il vous enveloppe en entier, vous « prend » et va vous emmener jusqu’à la fin de la piste, en vous enivrant au passage, c’est notre transe à nous, celle des temps passés qui prend à nouveau racine …

Sur bandcamp il est dit que l’enregistrement date de 2015 bien qu’il soit paru en 2019. Il y a une certaine difficulté à se procurer les albums, preuve qu’ils trouvent un écho et qu’il existe un public pour ce style de musique, pour ce qui me concerne, j’avoue en faire partie.

Tanz Mein Herz - Spiegel Jam


L'autre titre ici:

https://shop.mentalgroove.ch/album/dosses
:super: :super:
On a beaucoup évoqué le collectif La Novia dans les pages du forum.
Tanz vient d'ailleurs de sortir récemment un disque. Tout comme Ernest avec son projet solo Sourdure.
Je conseille également le projet La Tène où figure Alex

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 3 avr. 2021 11:04

Piranha a écrit :
sam. 3 avr. 2021 05:44
Douglas a écrit :
ven. 2 avr. 2021 06:14
Image

Voici un album qui a plus à voir avec le folk ou la musique expérimentale qu’avec le jazz, mais il me semble qu’il entre dans la catégorie des albums faisant place à l’improvisation, alors je me lance. Pourtant c’est pas facile, hormis la pochette, « Tanz Mein Herz », du nom du groupe, il n’y a, sur le vinyle ou la pochette, aucune indication, sinon celle des titres, du nom de l’album et des musiciens sur les labels.

Go to discogs ! Le nom de l’album : « Dosses ». Les musiciens : Alexis Degrenier à la vieille à roue, Ernest Bergez au violon et à la batterie, Guilhem Lacroux & Pierre Bujeau aux guitares électriques, Jeremie Sauvage à la basse électrique, Mathieu Tilly à l’électro et à la batterie et Pierre Vincent Fortunier à la cornemuse. Les gars qui sont là n’ont rien de débutants ce sont tous des musiciens confirmés, j’en avais écouté certains sur un album de « La Baracande », que je recommande également, dans un style très proche.

A l’énoncé des instruments on peut déjà avoir une idée de ce qui nous attend, un bourdon omniprésent sur les deux titres placés chacun sur une face. Une vibration monocorde organisée par la vieille à roue et la cornemuse autour desquelles tout s’agence, s’organise et tourne. Ce drone est puissant, pour peu que vous montiez le volume il vous enveloppe en entier, vous « prend » et va vous emmener jusqu’à la fin de la piste, en vous enivrant au passage, c’est notre transe à nous, celle des temps passés qui prend à nouveau racine …

Sur bandcamp il est dit que l’enregistrement date de 2015 bien qu’il soit paru en 2019. Il y a une certaine difficulté à se procurer les albums, preuve qu’ils trouvent un écho et qu’il existe un public pour ce style de musique, pour ce qui me concerne, j’avoue en faire partie.

Tanz Mein Herz - Spiegel Jam


L'autre titre ici:

https://shop.mentalgroove.ch/album/dosses
:super: :super:
On a beaucoup évoqué le collectif La Novia dans les pages du forum.
Tanz vient d'ailleurs de sortir récemment un disque. Tout comme Ernest avec son projet solo Sourdure.
Je conseille également le projet La Tène où figure Alex
A propos de la sortie récente du double album dont tu parles, j'avais noté sa présence dans la boutique du Souffle Continu en me promettant d'y revenir pour acheter plus d'un album (les frais de port sont gratuits au-delà de 100€ de commande pendant le confinement), mais trop tard "Quattro" le nouvel album de Tanz mein Herz était noté indisponible! Je ne l'ai trouvé nul part sur le net non plus...
Je suis retourné visiter la boutique quelques semaines plus tard et cette fois-ci il était de retour dans les rayonnages, et, ce matin même, dans ma boîte aux lettres!
Ce sont des albums en général sans surprise mais je vous ferai un petit retour après écoute.
Modifié en dernier par Douglas le sam. 3 avr. 2021 14:15, modifié 1 fois.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » sam. 3 avr. 2021 14:09

Ah génial que tu ais pu l'avoir
A sa sortie j'ai hésité à prendre l'édition limitée mais bon l'artwork n'était pas fou fou non plus.

J'essaierai de te tenir au courant dès leur sortie, je suis en contact avec toute la troupe de façon régulière concernant différents projets

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 3 avr. 2021 17:27

Piranha a écrit :
sam. 3 avr. 2021 14:09
Ah génial que tu ais pu l'avoir
A sa sortie j'ai hésité à prendre l'édition limitée mais bon l'artwork n'était pas fou fou non plus.

J'essaierai de te tenir au courant dès leur sortie, je suis en contact avec toute la troupe de façon régulière concernant différents projets
Effectivement ce n'est pas celui de la série limitée, mais le tirage reste modeste. Je te remercie pour ta proposition, particulièrement pour les sorties d'album, ça éviterait les galères et les recherches!

Je mets le lien de la Novia:

http://www.la-novia.fr/disques.php

Sourdure:

https://sourdure.bandcamp.com/

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 4 avr. 2021 06:57

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Un album en trio piano, basse, batterie, quoi de plus banal ? Ils fourmillent sur les étagères comme les petits pains dans la boulangerie. Pourtant ils n’ont pas tous la même saveur, ceux-ci seraient plutôt à ranger dans la catégorie très farinés, euh… raffinés ! La patronne pour commencer, Sylvie Courvoisier, pianiste, compositrice, suissesse, mariée.

Le bassiste, Drew Gress, on apprend sur le journal de jazz, qu’il rame à jouer les partitions érudites et complexes de Madame Mark Feldman, c’est très écrit, très précis, très technique. Il doit travailler dur en solo à la maison, car il aime le travail bien fait.

Le batteur, Kenny Wollesen, joue aussi du « Wollesonics », et ça sonne plutôt bien. C’est un nom déjà au pays du jazz, il ne se plaint pas et, quand on les entend tous les trois, on se dit qu’ils se sont bien trouvés, et quand on prête l’oreille avec attention, des tas de petits détails apparaissent, à une vitesse telle qu’on ne les perçoit pas tous, ça vit, ça pétille, ça frétille. Tout est fluide, pensé, organisé, est-ce pour mieux nous perdre, nous égarer, nous fourvoyer ?

Bien au contraire, elle le dit, le but c’est « de faire des Cds que les gens écouteront plus d’une fois ». L’écriture est assez free, joue des dissonances, les grappes sont parfois raisins rouges, raisins verts et raisins secs, mais ça glisse tout doux dans la gorge, toute la magie est là.

Neuf pièces se succèdent, mais ce que je trouve amusant, c’est que chacune est dédicacée, ça donne « for Mark Feldman, for my cat, for John Zorn, for my mom, for Drew Gress, for Kenny Wollesen, for my brother Stéphane, for Christine Latthey », bon c’est aussi un truc à se fâcher si on oublie quelqu’un, le voisin du dessous ou son proprio…

Les improvisations sont une partie intégrante du jazz et il est difficile d’imaginer le jazz sans, au moins en live. Ici se révèle une maîtrise à peu près à tous les niveaux, on semble frôler l'exigence technique propre à la musique classique, mais l’émotion est là, présente dès l’écriture même des pièces, la dédicace à John Zorn n’est pas innocente, il y a une parenté dans la façon d’écrire et dans l’attendu musical.

Un album de septembre 2020, une année décidément fort riche en sorties de qualité.

FREE HOOPS - Requiem D'un Songe ( by Sylvie Courvoisier)


Les deux premiers titres ici:


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 5 avr. 2021 02:41

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On se souvient de « The Big Gundown » un classique de John Zorn sorti en 1986 en forme de reprises de pièces toutes signées par Ennio Morricone, cet album a certainement marqué la discographie du new-yorkais, aussi puissamment que « Naked City » ou « Kristallnacht ».

Pour rendre un dernier hommage au cinéaste disparu, John Zorn vient de sortir dans ses « Archivals Séries », « Gnosis: The Inner Light », un album entièrement dédié à l’un des plus grands « Soundtrack Composers » de ce monde.

Pour se faire voici le retour du Gnostic Trio composé de Bill Frisell à la guitare, Carol Emmanuel à la harpe et, petit clin d’œil à l’album de Sylvie Courvoisier, Kenny Wollesen mais cette fois-ci au vibraphone. Pour faire bonne mesure John Zorn a également invité John Medeski à l’orgue, au piano et au Fender Rhodes.

Cette fois-ci il n’y a pas de reprises, plutôt des compositions signées Zorn, dédiées au grand musicien. Une atmosphère très recueillie, un peu comme une prière, un dernier voyage musical qui emmènera l’étoile du cinéma à son zénith.

De la grandeur épique certes, de la sérénité et même une certaine joie remplie d’espérance, comme une forme de religiosité un peu béate. Le tout parsemé de fleurs et d’amour, la sincérité transpire ici, en témoigne le texte qui accompagne le Cd, il est vraiment rempli d’une très grande tendresse pour le grand homme, c’est un bel hommage où l’on voit deux photos du jeune Zorn en compagnie du grand Ennio.

Un album de musique de chambre, lisse, sans aspérité, lumineux qui convient admirablement à l’intention des musiciens, comme toujours parfait, quand Zorn est là tout va. L’enchaînement final « Sophia= Wisdom » suivi de « Garment Of Light » résume bien tout ça…

Mais... point d'extrait, hélas

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Harvest » lun. 5 avr. 2021 11:08

Douglas a écrit :
dim. 4 avr. 2021 06:57
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Un album en trio piano, basse, batterie, quoi de plus banal ? Ils fourmillent sur les étagères comme les petits pains dans la boulangerie. Pourtant ils n’ont pas tous la même saveur, ceux-ci seraient plutôt à ranger dans la catégorie très farinés, euh… raffinés ! La patronne pour commencer, Sylvie Courvoisier, pianiste, compositrice, suissesse, mariée.

Le bassiste, Drew Gress, on apprend sur le journal de jazz, qu’il rame à jouer les partitions érudites et complexes de Madame Mark Feldman, c’est très écrit, très précis, très technique. Il doit travailler dur en solo à la maison, car il aime le travail bien fait.

Le batteur, Kenny Wollesen, joue aussi du « Wollesonics », et ça sonne plutôt bien. C’est un nom déjà au pays du jazz, il ne se plaint pas et, quand on les entend tous les trois, on se dit qu’ils se sont bien trouvés, et quand on prête l’oreille avec attention, des tas de petits détails apparaissent, à une vitesse telle qu’on ne les perçoit pas tous, ça vit, ça pétille, ça frétille. Tout est fluide, pensé, organisé, est-ce pour mieux nous perdre, nous égarer, nous fourvoyer ?

Bien au contraire, elle le dit, le but c’est « de faire des Cds que les gens écouteront plus d’une fois ». L’écriture est assez free, joue des dissonances, les grappes sont parfois raisins rouges, raisins verts et raisins secs, mais ça glisse tout doux dans la gorge, toute la magie est là.

Neuf pièces se succèdent, mais ce que je trouve amusant, c’est que chacune est dédicacée, ça donne « for Mark Feldman, for my cat, for John Zorn, for my mom, for Drew Gress, for Kenny Wollesen, for my brother Stéphane, for Christine Latthey », bon c’est aussi un truc à se fâcher si on oublie quelqu’un, le voisin du dessous ou son proprio…

Les improvisations sont une partie intégrante du jazz et il est difficile d’imaginer le jazz sans, au moins en live. Ici se révèle une maîtrise à peu près à tous les niveaux, on semble frôler l'exigence technique propre à la musique classique, mais l’émotion est là, présente dès l’écriture même des pièces, la dédicace à John Zorn n’est pas innocente, il y a une parenté dans la façon d’écrire et dans l’attendu musical.

Un album de septembre 2020, une année décidément fort riche en sorties de qualité.

FREE HOOPS - Requiem D'un Songe ( by Sylvie Courvoisier)


Les deux premiers titres ici:

Je ne connais pas ce disque, mais j’ai pu l’écouter en live, la voir (elle est très belle), et même lui parler en la remerciant pour ce qu’elle nous avait fait entendre. On était peu nombreux dans la salle, mais ce fut un enchantement.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 5 avr. 2021 17:01

Harvest a écrit :
lun. 5 avr. 2021 11:08
Douglas a écrit :
dim. 4 avr. 2021 06:57
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Un album en trio piano, basse, batterie, quoi de plus banal ? Ils fourmillent sur les étagères comme les petits pains dans la boulangerie. Pourtant ils n’ont pas tous la même saveur, ceux-ci seraient plutôt à ranger dans la catégorie très farinés, euh… raffinés ! La patronne pour commencer, Sylvie Courvoisier, pianiste, compositrice, suissesse, mariée.

Le bassiste, Drew Gress, on apprend sur le journal de jazz, qu’il rame à jouer les partitions érudites et complexes de Madame Mark Feldman, c’est très écrit, très précis, très technique. Il doit travailler dur en solo à la maison, car il aime le travail bien fait.

Le batteur, Kenny Wollesen, joue aussi du « Wollesonics », et ça sonne plutôt bien. C’est un nom déjà au pays du jazz, il ne se plaint pas et, quand on les entend tous les trois, on se dit qu’ils se sont bien trouvés, et quand on prête l’oreille avec attention, des tas de petits détails apparaissent, à une vitesse telle qu’on ne les perçoit pas tous, ça vit, ça pétille, ça frétille. Tout est fluide, pensé, organisé, est-ce pour mieux nous perdre, nous égarer, nous fourvoyer ?

Bien au contraire, elle le dit, le but c’est « de faire des Cds que les gens écouteront plus d’une fois ». L’écriture est assez free, joue des dissonances, les grappes sont parfois raisins rouges, raisins verts et raisins secs, mais ça glisse tout doux dans la gorge, toute la magie est là.

Neuf pièces se succèdent, mais ce que je trouve amusant, c’est que chacune est dédicacée, ça donne « for Mark Feldman, for my cat, for John Zorn, for my mom, for Drew Gress, for Kenny Wollesen, for my brother Stéphane, for Christine Latthey », bon c’est aussi un truc à se fâcher si on oublie quelqu’un, le voisin du dessous ou son proprio…

Les improvisations sont une partie intégrante du jazz et il est difficile d’imaginer le jazz sans, au moins en live. Ici se révèle une maîtrise à peu près à tous les niveaux, on semble frôler l'exigence technique propre à la musique classique, mais l’émotion est là, présente dès l’écriture même des pièces, la dédicace à John Zorn n’est pas innocente, il y a une parenté dans la façon d’écrire et dans l’attendu musical.

Un album de septembre 2020, une année décidément fort riche en sorties de qualité.

FREE HOOPS - Requiem D'un Songe ( by Sylvie Courvoisier)


Les deux premiers titres ici:

Je ne connais pas ce disque, mais j’ai pu l’écouter en live, la voir (elle est très belle), et même lui parler en la remerciant pour ce qu’elle nous avait fait entendre. On était peu nombreux dans la salle, mais ce fut un enchantement.
Je t'envie, le manque de public est parfois lié à la trop faible information liée à l'évènement, du coup il provient plutôt de la défaillance des organisateurs. J'ai lu il y a un jour ou deux, mais j'ai déjà oublié qui et où, un artiste qui accordait un grand prix aux retours qu'il obtenait directement du public, c'est bien de l'avoir fait surtout si le public était peu nombreux, elle a pu se rendre qu'il était de qualité en tout cas!

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 6 avr. 2021 03:40

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Je reviens vers vous avec un nouvel album de Tony Hymas, mais cette fois-ci seul, solo - solo. Tony et son piano. Il peut arriver parfois que, face à un album où l’artiste se retrouve face à lui-même, l’auditeur redoute une certaine aridité, ou pire encore, de la monotonie. Pourtant le piano est peut-être l’instrument qui se prête le plus au solo, très complet il sait gérer la rythmique et la mélodie, la musique écrite et improvisée, souple il se plie à peu près à tout, comme nous il a même des ancêtres et aussi des cousins, il est droit ou il peut porter une queue, et même des dents, des marteaux et des cordes !

Tony, il connaît tout ça et son album « De Delphes… », tout frais de chez Nato, mine de rien, est un peu plus qu’un enregistrement de piano parmi les autres : il enseigne. Enfin, pour moi qui ignore tant de choses, j’ai appris, en l’écoutant, des trucs que je ne connaissais pas, ça ne me rend pas beaucoup plus savant, il y aurait tant à faire, mais j’aime ce partage : après tout il aurait pu garder tout ça pour lui !

Par exemple, « De Delphes » le morceau qui ouvre l’album est le tout premier morceau de musique écrit connu, il date de 128 avant J.-C., c’est fou ! Sur la Gymnopédie qui suit on goûtera son toucher et sa pureté rythmique.

Puis vient la pièce la plus longue de l’album « Winnsboro Cotton Mill Blues », une chanson qui illustre la lutte des travailleurs dans les usines textiles des années trente en Caroline du Sud. S’en inspirant Frederic Rzewski l’a arrangé et relié à d’autres chants liés aux mouvements activistes de l’époque.

Ensuite, une œuvre de Leoš Janáček, Sonata 1.X.1905, la sonate du premier octobre. L’histoire d’un ouvrier qui décide d’aller à une manifestation dont il connaît les dangers liés à la répression policière et patronale. Sa femme le supplie de ne pas y aller, « N’y va pas, reste à la maison, c’est dimanche, joue avec les enfants ! », « Non, je dois y aller ». Le second mouvement appelé « La Mort » épouse la dramaturgie qui s’installe jusqu’au moment où un coup de feu est tiré !

Voici "Les Temps Nouveaux (Paris 1871)" écrite par Tony qui commémore la Commune de Paris 1871. Un air que l'on retrouve sur "De l'Origine du Monde".

A propos de « Si tu vois ma mère » de Sydney Bechet, voici ce que dit le livret : Né américain, le saxophoniste trouva la célébrité et la tolérance en France ainsi qu’en témoignent ces nombreux titres en français : « Petite fleur », « les oignons », « La nuit est une sorcière » entre autres.

On trouve également la musique du film « L’Affiche Rouge » qui célèbre le Groupe Manouchian. « La Complainte du partisan » d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie. Il faudrait aussi parler de Mel Bonis qui fut une des toutes premières femmes compositrices, ce qui n’était pas toléré à l’époque, interprète oui, mais écrire des notes de musique, ça non !

Je vous avais prévenu, une véritable mine cet album, il est à noter que les enregistrements datent d’une période située entre 2012 et 2014. Les extraits ci-dessous ne concernent pas les versions de l'album, mais les pièces y sont interprétées:

Tony Hymas - Les temps nouveaux


Tony Hymas joue Essaim de mouches de Marie Jaëll à l'Espace Paul Rebeyrolle


La complainte du partisan dans sa version originale issue de l'album "Chroniques de Résistance"

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