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Le plus intéressant dans le Boot "as good as it gets" n'est pas Dylan ou même les chansons que Dylan à remises à Emmett Grogan mais bel et bien Emmet Grogan lui même qui a eu une vie incroyable. Voici ce que j'ai trouvé sur le net
Grogan faisait partit d'une troupe de théatre dans le fameux quartier Haight-Ashbury, qui a donné son nom au mouvement hippie (Haight-Ashbury Independant Property - H.I.P. : décontracté dans le coup ; des tas d'autres sens).
Grogan a déjà un passé chargé : bagarreur, défoncé au dernier degré (il s'est décroché de l'héroïne qu'il s'envoyait depuis l'âge de treize ans), voleur et révolté permanent (il fricotera un temps en Irlande avec l'IRA). Grogan a bourlingué, réfléchi, il est malin, il s'ennuie. Il n'est pas très excité par ce qu'il se passe à San Francisco, mais le terrain est favorable. A la suite d'un casse, il est avec ses amis en possession d'un certain paquet de fric. Il trouve finalement en quoi il va le transformer. - De la bouffe ! s'écrie-t--il dans un éclair de génie. Il fonce aux Halles dans la périphérie de la ville, et remplit son break Ford de cageots de légumes et de fruits, de poulets et de dindes. Ses copains et lui volent deux grands bidons de lait de 90 litres, dans lesquels ils font cuire tout ça. A 16 h, ils sont au Golden Gate Park où ils attendent les habitants, prévenus par le tract suivant :
REPAS GRATUIT - RAGOUT CHAUD - FRUITS FRAIS APPORTEZ UN BOL ET UNE CUILLERE A ASHBURY STREET DEVANT LE PARC - 16 H REPAS GRATUIT TOUS LES JOURS GRATUIT, PARCE QUE C'EST A VOUS ! LES DIGGERS
Les gens arrivent, une cinquantaine, quelques uns portent un bol pendu à leur ceinture. Cela va devenir rapidement le signe de reconnaissance permanent des fidèles des Diggers. Les cinquante premiers ne restent pas seuls longtemps. Ils seront deux cents ce jour-là. Toute la semaine, Grogan et sa bande continuent à nourrir les affamés, les marginaux, les paumés, les junkies, les profiteurs, les clochards, les fugueurs, les passants, les hippies, les curieux. A aucun moment ils ne voudront dire qui ils sont, ni d'où ils viennent. Les journaux underground, nombreux à cette époque, entretiendront le mystère. Tout le monde est intrigué. On cherche les motifs. Quel peut bien être leur intérêt ? Des donateurs arrivent de partout, des désintéressés, mais surtout des gens intéressés. Pour toute réponse, Grogan et ses amis acceptent les dollars et les chèques, puis les brûlent.
ce principe de distribution gratuite de nourriture va durer pendant plus de deux ans. Ils développèrent également un free store = échoppe de "produits libérés", (c'est-à-dire principalement des récupérations et dons des commerçants du coin). Initiative amusante : les Diggers avaient même une caisse d'argent "gratuit" pour les plus nécessiteux. Pour les sans logis, ils avaient réussi à récupérer des locaux qu'ils transformèrent en dortoirs gratuits. Il y eut aussi la free clinic, pour celles/ceux qui abusent d'alcool, d'héro, de coke, qui tripent à l'envers, ou qui ont tout simplement besoin de réconfort.
Le début de la fin Le monde politique prend peur de ce mouvement et le directeur des services de santé de San Francisco envoie des inspecteurs vérifier les conditions d'hygiène et encourage les bourgeois du quartier, propriétaires des lieux, à se servir de ce prétexte pour mettre dehors les locataires. Certains d'entre eux ne s'en privent pas : virer des hippies fauchés pour y installer les bourgeois riches qui veulent s'encanailler un brin, est une affaire juteuse.Il faut dire que le cinéma commence à s'emparer du phénomène et vient tourner sur place des scènes à sensation. Le grand commerce s'empare de ce coin brusquement rentable, et boites de nuit et boutiques "hippies" fleurissent au milieu des offices débitant des " love-flowers". Diggers et, commerçants HIP ne s'entendent pas du tout. La municipalité ferme le Free Exchange -Market. Ils s'installent alors dans Cole street . Mais ce n'est plus pareil. Tout le monde cherche à les exploiter, à se servir d'eux. Souvent les gens mêmes qu'ils cherchent à aider. Un jour, Grogan repère deux femmes qui raflent dans le magasin gratuit tout ce qu'elles peuvent, puis vont le revendre ailleurs Il les engueule. Vous le donnez, alors que ça peut vous foutre, ce qu'on en fait, répliquent-elles.
Petit à petit le rêve se termine. Grogan tentera à plusieurs reprise de redonner un second soufle à son mouvement, mais les temps ont changés. Epuisé par tout cela, Grogan quitte la Californie en janvier 1970. Avec lui, le mouvement Digger disparaît définitivement, après plus de deux ans de fonctionnement. IL meure d'une crise cardiaque en 1978 à l'âge de 35 ans dans le métro new yorkais. Son décès est probablement dû à une overdose...Le rêve est définitivement terminé
_________________ Un univers folk entièrement en Francais où les textes sont aussi importants que la musique http://www.myspace.com/585110211 https://www.facebook.com/pages/Vox/307148312693047
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